L'investissement étranger au Maroc ne se limite pas aux secteurs traditionnels. Cette fois, c'est un géant danois de l'investissement qui a jeté son dévolu sur Globex, un acteur incontournable de la logistique à Casablanca.

Concrètement, le fonds danois A.P. Moller Capital a signé, le 17 août 2026, un accord pour prendre une participation majoritaire dans Globex Investissement. Mais avant de finaliser, il a mandaté le cabinet de conseil financier Accuracy pour auditer les comptes du groupe casablancais. Comme le rapporte Barlamane, cette mission d'audit s'inscrit dans une stratégie d'investissement centrée sur les infrastructures et la logistique au Maroc et en Afrique du Nord.

L'opération se déroule en deux temps : elle implique deux véhicules d'investissement différents, dont un fonds marocain supervisé par l'AMMC, le gendarme boursier du Royaume. Cette structure complexe montre l'importance de l'opération et le soin apporté à sa conformité réglementaire locale.

Pour comprendre l'enjeu, il faut savoir que Globex n'est pas un petit joueur. Créée en 1998, l'entreprise emploie plus de 350 personnes et opère sous des licences exclusives FedEx et TNT, avec une extension au Sénégal et au Cameroun, et un accès au réseau mondial du transporteur américain. Elle couvre la messagerie express, le fret routier, le transit, le dédouanement et l'entreposage.

Cette acquisition n'est pas le premier intérêt étranger pour Globex. En décembre 2022, Amethis, un investisseur, avait déjà pris une participation minoritaire de 30,5 % dans l'entreprise. Aujourd'hui, avec A.P. Moller Capital, c'est un changement d'échelle qui se prépare. Selon les termes de l'accord, le fondateur de Globex, Omar El Kadiri, restera à la tête du groupe, ce qui assure une continuité dans la stratégie.

Le directeur général d'A.P. Moller Capital, Kim Fejfer, explique cet intérêt par le fait que « le Maroc devient rapidement la première plate-forme logistique d'Afrique du Nord, portée par de solides fondamentaux macroéconomiques ». Un argument qui semble solide, mais l'opération n'est pas encore bouclée : elle doit recevoir le feu vert du Conseil de la concurrence marocain, l'autorité qui veille à la libre concurrence dans le pays. Tant que cette validation n'est pas obtenue, l'accord reste en suspens.

Pour le lecteur non initié, cette actualité est un signal fort : le Maroc attire de plus en plus d'investisseurs étrangers dans des secteurs stratégiques comme la logistique. Cela pourrait renforcer la position du Royaume comme plate-forme régionale pour le commerce et le transport, avec des retombées possibles sur l'économie locale et l'emploi.