Le Maroc s'impose comme le partenaire gazier africain de l'Espagne, captant l'essentiel des volumes exportés vers le continent. Une tendance qui illustre l'imbrication croissante des deux économies.

Quand on parle de gaz espagnol destiné à l'Afrique, il faut désormais presque uniquement penser au Maroc. Sur les six premiers mois de l'année, le royaume a reçu plus de neuf dixièmes des exportations espagnoles de gaz vers le continent. Un chiffre qui grimpe encore si l'on ne regarde que le mois de juin : sur les 2 534 GWh sortis d'Espagne, 858 GWh sont partis vers le Maroc, soit environ un tiers du total. Et sur ce mois, aucun autre pays africain n'apparaît dans les destinations recensées par l'organisme espagnol Cores, qui suit ces flux.

Cette domination s'explique par la géographie : le gaz circule surtout par gazoduc, et le Maroc est le voisin direct. Les livraisons par conduites ont représenté plus de la moitié des exportations espagnoles en juin, et le Maroc en a capté près des deux tiers. Le reste est parti sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL), transporté par bateau.

Selon Barlamane, qui a consulté une note de Cores, le Maroc est classé comme « principal destinataire des exportations » de gaz espagnol en juin, devant la France (456 GWh, soit 18 %). Sur l'ensemble du premier semestre, les livraisons au Maroc ont atteint 3,958 TWh, en recul de 16,6 % sur un an, mais représentant toujours plus de 90 % du gaz expédié vers l'Afrique. Sur douze mois, le total atteint 9,586 TWh.

Cette prépondérance énergétique s'accompagne d'une accélération plus large des échanges commerciaux. En juin, les exportations espagnoles de marchandises vers le Maroc ont bondi de 21 % sur un an, atteignant 1,16 milliard d'euros. Les achats espagnols au Maroc ont aussi progressé, mais moins vite (+13,6 %), ce qui a creusé l'excédent commercial espagnol. Le secrétariat d'État au commerce espagnol cite explicitement « pétrole et dérivés, composants automobiles, gaz » parmi les secteurs qui portent cette hausse.

Pour le lecteur non spécialiste, ce qu'il faut retenir : le Maroc est devenu un débouché majeur pour le gaz espagnol, et les deux économies sont de plus en plus liées, que ce soit par les gazoducs ou par le commerce de biens. Les chiffres précis, les évolutions mensuelles et le détail des catégories commerciales sont disponibles dans l'article de Barlamane.