Derrière les chiffres des importations énergétiques marocaines se cache une réalité peu connue : la place centrale du butane américain dans l'approvisionnement du Royaume.
Ce n'est pas une surprise pour les observateurs, mais les dernières données américaines le confirment : le Maroc achète massivement du gaz butane aux États-Unis. Sur les cinq premiers mois de l'année, ce produit représente l'essentiel des livraisons pétrolières américaines vers le Royaume, selon les statistiques de l'Administration américaine de l'information sur l'énergie (EIA), rapportées par Barlamane.
En mai, les expéditions américaines vers le Maroc ont atteint environ 3,57 millions de barils de produits pétroliers, un volume en hausse de près de 27 % par rapport au même mois de l'année précédente. Mais le détail est encore plus parlant : le butane normal y pèse pour plus de 71 %, avec 2,55 millions de barils. Ce n'est pas un hasard. Ce gaz, utilisé couramment pour la cuisson et le chauffage, est un produit de première nécessité pour les ménages marocains, et les États-Unis en sont un fournisseur de choix.
Si l'on cumule les livraisons de janvier à mai, le total dépasse les 17,8 millions de barils, dont 12,1 millions de butane. Sur un an, les achats de butane ont bondi de 18 %, tandis que ceux de propane, un autre gaz de pétrole liquéfié, ont reculé de près de 23 %. Autre fait notable : l'apparition en mai d'une livraison de carburéacteur, un carburant pour avions, qui n'avait plus été exporté vers le Maroc depuis octobre de l'année précédente. Cela suggère une possible reprise des besoins aéronautiques, mais la prudence s'impose, car il ne s'agit que d'un mois.
Ces chiffres, publiés par l'EIA et relayés par Barlamane, montrent une tendance de fond : le Royaume s'appuie de plus en plus sur les importations de gaz pour couvrir ses besoins énergétiques quotidiens, et les États-Unis y jouent un rôle clé. Bien sûr, ces volumes ne sont qu'une partie du tableau énergétique marocain, mais ils illustrent une dépendance qui mérite d'être suivie, tant pour des raisons économiques que géopolitiques.




