Un convoi militaire américain à destination du Maroc n'a pas pu traverser la Belgique. Le refus, tombé en avril, met en lumière les règles strictes qui encadrent le transport d'équipements de défense à travers l'Europe.

Concrètement, une région belge, la Flandre, a dit non au passage sur son territoire de véhicules et de pièces militaires envoyés des États-Unis vers le Maroc. Selon Barlamane.com, qui a consulté des documents officiels, la valeur du chargement est estimée à 81,6 millions d'euros, soit près de 883 millions de dirhams.

Pourquoi ce refus ? Les autorités flamandes considèrent que ce matériel est « utilisable dans un conflit armé » et que l'utilisateur final, l'armée marocaine, est « partie à un conflit armé régional ». C'est ce qui ressort des documents cités par Barlamane.com. En clair, la Flandre a estimé que ce transfert ne respectait pas ses critères en matière d'exportation de biens sensibles.

Il s'agit de la seule demande de transit refusée par l'administration flamande sur tout le mois d'avril. Le convoi ne venait pas de Belgique : il venait des États-Unis et devait simplement traverser le territoire flamand pour rejoindre le Maroc. Mais la réglementation belge impose une autorisation préalable pour tout matériel de défense qui passe par ses régions, même en simple transit.

Les équipements concernés relèvent de la liste militaire commune de l'Union européenne. Cette classification regroupe notamment les véhicules blindés, les engins amphibies ou encore les composants spécialement conçus pour un usage militaire. Le dossier ne précise ni le modèle ni le nombre de véhicules concernés, mais il identifie clairement le point de départ (États-Unis), la destination (Maroc) et l'utilisateur final (l'armée marocaine).

Le montant, lui, donne une idée de l'ampleur logistique de l'opération : près d'un milliard de dirhams de matériel roulant et de pièces détachées. Mais ce chiffre global ne distingue pas ce qui relève des véhicules eux-mêmes de ce qui relève des pièces.

Côté cadre juridique, les autorités flamandes se sont appuyées sur une disposition du décret de 2012 sur le commerce des armes. Une précision importante : cette décision ne concerne que le transit par la Belgique ; elle n'empêche pas le Maroc d'acheter du matériel militaire américain par d'autres voies.

Cet épisode, rapporté par Barlamane.com, n'est qu'un exemple parmi d'autres des obstacles administratifs que peuvent rencontrer les transferts d'armes entre pays tiers lorsqu'ils passent par l'Europe.