L'Agence Nationale des Ports (ANP), qui gère les infrastructures portuaires du Maroc, change de nature juridique pour devenir une société anonyme. L'objectif : gagner en flexibilité et en autonomie financière pour mieux accompagner le développement du secteur.
Depuis sa publication au Bulletin officiel en août, la loi n° 34.25 est entrée en vigueur. Concrètement, l'ANP est désormais une société anonyme (SA), un statut juridique qui permet à une entreprise d'avoir son propre patrimoine et d'être dirigée par un conseil d'administration. Le nom de l'agence change également : elle s'appellera désormais « Ports du Maroc S.A. »
Cette transformation ne crée pas une nouvelle entité : il s'agit d'un changement de forme juridique. Les biens, droits, dettes et contrats de l'ancienne agence restent identiques, selon le ministre de l'Équipement et de l'Eau, Nizar Baraka, qui a présenté le projet à la Chambre des Conseillers en juillet. En clair, les partenariats, licences et accords en cours ne sont pas remis en cause par ce changement.
Pour les employés, rien ne change non plus : le personnel en service à la date de la transformation conserve son statut juridique au sein de la nouvelle société, a précisé le ministre.
Selon le site Challenge, cette réforme s'inscrit dans le cadre de la loi n° 50.21 sur la réforme des établissements et entreprises publics. Le but est de moderniser la gouvernance portuaire et de renforcer la compétitivité des ports marocains.
Pourquoi ce changement est-il important ? À l'échelle d'un pays, la gestion des ports est cruciale pour le commerce extérieur : c'est par là que transitent les marchandises exportées et importées. En donnant à l'ANP un statut plus flexible et une autonomie financière accrue, l'État marocain cherche probablement à rendre la gestion portuaire plus réactive et plus performante, tout en maintenant son rôle de service public.
La principale nouveauté : la nouvelle société sera dotée d'un conseil d'administration, avec des administrateurs indépendants et un directeur général. C'est un modèle de gouvernance plus proche de celui des entreprises privées, qui doit permettre des prises de décision plus rapides et une gestion plus dynamique.
En résumé, les ports marocains gardent leur mission publique mais adoptent des outils juridiques modernes. Une transformation qui passe inaperçue pour les usagers, mais qui constitue un changement important pour la gestion portuaire du royaume.




