Une nouvelle ère s'ouvre pour l'agriculture américaine : les engrais phosphatés, essentiels aux cultures, vont être produits localement grâce à un partenariat entre le Maroc et les États-Unis.
Le groupe marocain OCP, connu mondialement pour son savoir-faire dans les phosphates, s'allie avec CHS, une grande coopérative américaine détenue par des agriculteurs. Ensemble, ils prévoient de construire une usine d'engrais phosphatés en Louisiane, dans le sud des États-Unis. L'objectif : produire plus d'un million de tonnes d'engrais par an, directement sur le sol américain.
Cet investissement, qui peut atteindre 450 millions de dollars, marque un tournant. En effet, ce serait la première installation de ce type construite aux États-Unis depuis 1984, selon le média Challenge, qui a rapporté l'information. Concrètement, cela signifie que les agriculteurs américains auront un accès plus direct et plus sûr à ces engrais indispensables, sans dépendre uniquement des importations.
Le rôle de chacun est clair : OCP fournira l'acide phosphorique, un composant clé des engrais, grâce à son expertise et ses ressources en phosphates. CHS, de son côté, apportera son ancrage auprès du monde agricole américain et son réseau de distribution. Les engrais produits seront vendus aux agriculteurs, coopératives et distributeurs à travers les réseaux des deux partenaires. Cette coopération vise à renforcer la résilience de l'approvisionnement, c'est-à-dire la capacité à fournir ces produits de manière stable, même en cas de crise.
CHS n'est pas un acteur mineur : ses activités dans l'agronomie, les céréales, l'alimentation et l'énergie ont généré un chiffre d'affaires de 35,5 milliards de dollars sur l'exercice 2025. Cette taille lui donne les moyens de soutenir un tel projet.
Pour le Maroc, ce partenariat est une vitrine de son savoir-faire industriel à l'international. Pour les États-Unis, c'est un pas vers plus de sécurité alimentaire. Le projet s'installera dans le Cornerstone Energy Park, à Waggaman, une zone industrielle existante. Les détails techniques et les étapes restent à suivre, mais l'ambition est claire : produire là où les besoins se trouvent.




