Des représentants de l'agriculture américaine débarquent au Maroc fin août pour une mission commerciale. Objectif : vendre davantage de soja, de céréales et de viandes au royaume, qui dépend fortement des importations pour nourrir sa population.
Cette visite, annoncée mercredi 26 août, doit durer du dimanche 30 août au vendredi 4 septembre. Elle commence par le Maroc, avec un séminaire et des visites des ports de Casablanca et de Tanger Med, puis se poursuit au Portugal. C'est l'Alliance américaine de l'agriculture à identité préservée (USIP) qui organise le déplacement. Il s'agit d'une organisation qui représente, aux États-Unis, les filières agricoles dont l'origine et les caractéristiques sont garanties tout au long de la chaîne d'approvisionnement, précise Barlamane, qui rapporte l'information.
La délégation comprend notamment des responsables du Conseil de recherche et de promotion du soja du Minnesota, des agriculteurs du Wisconsin et de l'Ohio, ainsi que des représentants des départements de l'agriculture de ces États et de la Corporation de développement de la voie maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent (GLS), un organisme fédéral américain chargé du versant américain de cet axe maritime. Autant dire que le soja et les céréales sont au cœur de la mission.
Les produits visés par cette mission sont nombreux : céréales fourragères, légumineuses, riz, animaux reproducteurs, volaille, viande bovine, produits laitiers et soja. Selon l'USIP, le Maroc est un marché agricole majeur en Afrique. Le pays est importateur net de produits agricoles, c'est-à-dire qu'il achète plus qu'il ne vend. Juste pour le tourteau de soja, un aliment pour le bétail, le Maroc a été le dixième marché américain en 2024-2025, avec 180 millions de dollars d'achats, soit environ 1,67 milliard de dirhams.
Pourquoi cet intérêt ? L'agriculture représente près de 15 % du produit intérieur brut (PIB) marocain, une mesure de la richesse produite dans le pays. Et l'ensemble agriculture, pêche et sylviculture emploie près de la moitié de la population active. Mais surtout, depuis 2006, un accord de libre-échange entre Washington et Rabat facilite les échanges. C'est le seul accord de ce type que les États-Unis ont conclu avec un pays africain. L'USIP compte s'appuyer sur ce cadre pour améliorer l'accès au marché marocain et développer des chaînes logistiques depuis l'Amérique vers l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient.
Les visites des ports de Casablanca et Tanger Med serviront justement à étudier les infrastructures portuaires et les moyens d'acheminer les marchandises dans les deux sens. Pour le Maroc, ces échanges sont une opportunité économique, mais aussi un enjeu : trouver des fournisseurs fiables pour ses importations alimentaires.




