Le commerce ne suffit plus : le Maroc pousse pour des liens plus profonds entre le Brésil et les pays arabes, avec des projets concrets comme une liaison maritime directe.

Mardi 25 août, à l'ouverture du cinquième forum économique Brésil-pays arabes, l'ambassadeur du Royaume du Maroc au Brésil, Nabil Adghoghi, a présenté une feuille de route ambitieuse. Son idée principale : ne plus se limiter à acheter et vendre des marchandises, mais construire de véritables partenariats dans l'investissement, la logistique, les technologies et la production de connaissances.

Concrètement, la priorité numéro un est l'ouverture d'une route maritime directe entre le Brésil et les pays arabes. Aujourd'hui, les marchandises doivent souvent passer par des escales ou des transbordements, ce qui allonge les délais et augmente les coûts. Une liaison directe simplifierait tout le transport et stimulerait les échanges.

Le deuxième axe stratégique concerne la sécurité alimentaire. Et pour cause : le Brésil est un géant mondial de l'exportation de denrées agricoles, tandis que les pays arabes, dont le Maroc, sont d'importants producteurs d'engrais. C'est une complémentarité naturelle : le Brésil fournit la nourriture, le monde arabe fournit les engrais. D'après Barlamane, qui a rapporté ces déclarations, le diplomate marocain a aussi souligné l'importance d'élargir les accords juridiques entre les deux régions pour faciliter les investissements et les opérations commerciales.

Le forum, dont le thème est « Économie mondiale en transformation — nouvel agenda Brésil-pays arabes », réunit des responsables publics, des chefs d'entreprise et des diplomates autour de sujets comme l'énergie, la géopolitique, la logistique et même l'intelligence artificielle. Le contexte est marqué par une recomposition des chaînes d'approvisionnement mondiales et une instabilité géopolitique qui poussent les régions à se rapprocher.

Ce que ça change concrètement ? Si ces chantiers aboutissent, les échanges entre le Brésil et le monde arabe — qui pèsent déjà 33,8 milliards de dollars — pourraient non seulement augmenter en volume, mais aussi changer de nature : moins de simples livraisons de marchandises, plus de vraies collaborations industrielles et technologiques.