La lutte contre la corruption s'invite dans le débat électoral. Alors que les partis peaufinent leurs programmes, une association influente exige des engagements clairs, pas des promesses.
C'est un appel qui pourrait bousculer la campagne. À l'approche des élections législatives prévues le 23 septembre, Transparency Maroc, une ONG reconnue d'utilité publique et créée en 1996, a écrit aux formations politiques en compétition. Elle leur demande de dire clairement quelle place ils comptent donner à la lutte contre la corruption dans leurs programmes, et de s'engager sur des mesures concrètes, selon le média Challenge.
Pourquoi c'est important ? Parce que la crédibilité du scrutin dépend de sa transparence. Et sur ce point, le Maroc accumule les mauvais résultats. D'après l'article, le classement international du pays en matière de lutte contre la corruption n'a cessé de se dégrader ces dernières années. Une situation qui, selon l'ONG, alimente les inégalités et bloque tout espoir de changement réel. Le texte va plus loin : il évoque une « relative croissance économique sans développement », signe que les fruits de la croissance profitent surtout à une minorité.
Concrètement, Transparency Maroc a envoyé des lettres nominatives aux partis, les invitant à se positionner sur trois thèmes qui préoccupent l'opinion publique. L'organisation pointe aussi un « angle mort » : le manque de transparence, qui continuerait à faire des ravages sociaux et à freiner le progrès.
C'est un défi de taille pour les partis, car s'attaquer véritablement à la corruption reviendrait à remettre en cause des systèmes établis. L'article le dit sans détour : une lutte effective serait une forme d'« euthanasie » pour ceux qui profitent de l'économie de rente. Autrement dit, les bénéficiaires du système actuel n'ont aucun intérêt à ce que ça change.
Le ministère de l'Intérieur, qui pilote techniquement et politiquement le processus électoral, est également interpellé dans l'article. Avec l'arrivée des nouvelles technologies et de l'intelligence artificielle, la transparence pourrait être renforcée... ou au contraire affaiblie, tout dépend de la volonté politique réelle. Un avertissement qui tombe à un moment clé, alors que les électeurs attendent de savoir si cette fois, les discours seront suivis d'effets.




