Le Maroc peut se réjouir : un vaste programme de soutien à l'industrie, financé par la Banque africaine de développement (BAD), dépasse largement ses promesses en matière d'emplois et d'investissements. Pourtant, un point reste perfectible, et le temps presse pour finaliser les travaux.

Ce programme, appelé PARACT-M, vise à rendre le territoire marocain plus compétitif, c'est-à-dire plus attractif pour les entreprises et plus performant dans la production de biens industriels. Selon un rapport de la BAD, que rapporte Barlamane, la banque a attribué la note « très satisfaisant » à l'objectif de développement du programme, et « satisfaisant » à son exécution.

Concrètement, cela signifie que les résultats obtenus jusqu'à présent sont très bons, même si tout n'est pas encore terminé. Le programme, approuvé en 2019, a connu un démarrage lent : l'accord de prêt n'a été signé qu'en 2024, et le premier décaissement doit avoir lieu avant mi-2028. La banque estime que ce calendrier laisse le temps nécessaire pour terminer les travaux en cours.

Les chiffres clés montrent une réussite. Par exemple, le nombre d'emplois créés dans l'industrie dépasse déjà les 139 000, alors que l'objectif final était de 90 000. De même, les exportations industrielles atteignent environ 408 milliards de dirhams, soit bien plus que les 330 milliards visés. La part de l'industrie dans la richesse nationale (PIB) est aussi supérieure à l'objectif, avec 14,9 % contre 13,4 % attendus. Les investissements prévisionnels, eux, s'élèvent à près de 420 milliards de dirhams sur la période 2023-2025, et le nombre de nouvelles entreprises enregistrées dépasse les 92 000, alors que la cible était de 63 000.

Mais un bémol subsiste : le taux d'investissement privé, c'est-à-dire la part des investissements provenant du secteur privé, n'atteint pas encore l'objectif fixé. C'est un signal important, car un programme de compétitivité vise justement à encourager les entreprises privées à investir durablement. Le rapport de la BAD note que ce chiffre devra être confirmé à la clôture du programme, en 2027, pour évaluer si cet objectif sera finalement atteint.