Les banques marocaines pourraient bientôt se débarrasser de leurs dettes impayées et de leurs biens saisis, grâce à un fonds commun germano-international.

Concrètement, la Société financière internationale (IFC) — la branche financement du secteur privé du groupe Banque mondiale — et le groupe allemand EOS Holding ont dévoilé un projet de création d'une structure au Maroc, dotée de 60 millions d'euros, pour acheter ces actifs dits « en souffrance ». Le but : les retirer des bilans des banques et les confier à des spécialistes de la récupération.

Pour comprendre, il faut savoir que quand un client (particulier ou entreprise) ne rembourse plus son prêt, la banque se retrouve avec une « créance en souffrance ». Si elle a saisi un bien immobilier en garantie, elle se retrouve aussi avec un actif immobilier qu'elle doit gérer. Ces actifs pèsent lourd et ne rapportent rien. L'idée est donc de les vendre à un investisseur spécialisé, qui va les gérer, les restructurer ou les revendre.

Selon Barlamane, qui rapporte l'information à partir du résumé d'information sur l'investissement publié par l'IFC, le projet s'appelle « DARP NPL EOS ». Il s'inscrit dans un programme plus large de l'IFC nommé DARP (resolution d'actifs en difficulté), qui a déjà été utilisé ailleurs dans le monde depuis une vingtaine d'années. L'IFC apporterait jusqu'à 30 millions d'euros, et EOS une somme équivalente, à parité. Chacun des deux partenaires serait donc exposé aux résultats des portefeuilles achetés.

Le communiqué ne précise pas quelles banques marocaines vendront leurs créances ni les biens immobiliers saisis. Le conseil d'administration de l'IFC devrait se pencher sur le projet à titre indicatif le 15 octobre, mais la décision n'est pas garantie.

Cette annonce survient alors que le programme DARP a déjà permis, à l'échelle mondiale, de mobiliser des milliards de dollars pour traiter ce genre d'actifs. Au Maroc, ce dispositif pourrait aider les banques à assainir leurs bilans et à se recentrer sur leur métier principal : financer les particuliers et les entreprises.