Le Maroc fait partie des pays où l'industrie minière et métallurgique est la plus exposée aux risques de sécheresse, selon un nouveau rapport international. Mais ce constat alarmant doit être lu avec prudence.

Le Conseil international des mines et métaux (ICMM), une organisation qui regroupe les grandes entreprises du secteur, a croisé les données de 12 000 installations minières et métallurgiques réparties dans 148 pays avec plusieurs indicateurs de risque liés à l'eau. Résultat : 85 % des sites marocains étudiés se trouvent dans des zones où le risque de sécheresse est jugé élevé ou extrêmement élevé, soit 22 installations.

À titre de comparaison, la moyenne mondiale est de 27 %. Le Maroc se retrouve ainsi à égalité avec le Burkina Faso, mais reste derrière l'Ukraine et le Zimbabwe (86 %), le Pérou et la Bolivie (87 %), l'Arabie saoudite (95 %), l'Afrique du Sud (96 %) et même le Ghana, la Zambie et l'Ouzbékistan, où 100 % des sites sont concernés, selon les données rapportées par Barlamane.

L'ICMM souligne que la sécheresse est le « deuxième indicateur de risque hydrique physique le plus répandu » dans ce secteur à l'échelle mondiale. Et cette exposition est très concentrée géographiquement : l'Afrique et le Moyen-Orient regroupent à eux seuls 81 % des installations situées dans des zones à haut risque.

Mais pourquoi ce chiffre est-il important ? Parce que les mines, fonderies, raffineries et aciéries ont besoin d'eau pour fonctionner. Si cette eau vient à manquer, leur activité peut être perturbée, ce qui aurait des conséquences économiques pour le pays.

Cependant, le rapport lui-même appelle à la prudence. Le taux marocain est assorti d'un astérisque : l'échantillon national compte moins de 50 installations, ce qui rend la proportion « moins robuste » statistiquement. Surtout, l'étude ne mesure pas la quantité d'eau réellement prélevée ou consommée par chaque site. Elle décrit simplement leur localisation géographique par rapport à des bassins où le risque de sécheresse est élevé. Autrement dit, un site peut être situé dans une zone à risque sans que son activité en soit gravement affectée, si des mesures de gestion sont en place.

Ce rapport permet donc de mesurer l'exposition potentielle, pas le danger réel. Il donne une alerte, mais il faudrait des données plus précises pour savoir si les mines marocaines sont véritablement menacées.