Une entreprise chinoise vient de prendre le contrôle total de son usine de tissus en fibre de verre installée à Tanger. Un rachat discret, mais qui illustre l'ancrage industriel chinois au Maroc.
L'histoire se passe dans la zone industrielle de Tanger. Une société marocaine, PGTEX Morocco, fabrique des tissus à base de fibre de verre. Ces tissus servent à fabriquer des matériaux composites, utilisés notamment dans les pales d'éoliennes, les transports ou les équipements industriels.
Jusqu'à présent, cette usine était détenue à 60 % par le groupe chinois CPIC (Société internationale des matériaux composites de Chongqing), et à 40 % par deux personnes privées, Tan Kunlun et Tan Lingzhi. Selon Barlamane, ces deux associés ont vendu leurs parts pour environ 712 millions de yuans, soit près de 1,3 milliard de dirhams. Le groupe chinois a financé cette acquisition avec ses propres fonds et un emprunt, et a finalisé l'opération avant la fin du semestre.
Ce rachat porte la participation de CPIC dans la maison mère (Hongfa New Materials) de 60 % à 100 %. Concrètement, le groupe chinois est désormais seul aux commandes de la filiale tangéroise. Le prix payé (712 millions de yuans) dépasse de 94,9 millions de yuans la valeur nette des actifs récupérés (617,1 millions de yuans), une différence que le groupe a imputée sur sa prime d'émission. Le rapport précise que ce montant rémunère les 40 % restants de Hongfa New Materials, et ne constitue pas une valorisation directe de PGTEX Morocco.
Le document financier consolidé donne quelques chiffres sur la filiale marocaine : environ 3,1 millions de dirhams de liquidités, près de 731 800 dirhams de dettes courantes (dont 678 830 dirhams de dettes fournisseurs). Le taux d'impôt sur les sociétés appliqué à PGTEX Morocco est de 0 %, mais la durée, l'assiette et le régime juridique de cet avantage ne sont pas précisés. Le groupe ne ventile pas le chiffre d'affaires ni les bénéfices de son usine de Tanger, ce qui ne permet pas de mesurer précisément son activité.
Cette opération intervient dans un contexte où l'Union européenne a imposé des droits compensateurs sur certains produits chinois en fibre de verre. Produire depuis le Maroc permet à CPIC de contourner ces barrières douanières, tout en gardant la main sur un site stratégique à proximité des marchés européens.




