Les légumes marocains cultivés sous serre remplissent de plus en plus les rayons espagnols. Entre septembre 2025 et mai 2026, le Maroc a fourni à lui seul plus de la moitié des importations espagnoles de ces produits, avec une progression marquée du poivron.

Derrière ces chiffres, un constat simple : l'agriculture marocaine, et notamment la production sous serre, joue un rôle central dans l'approvisionnement de l'Espagne. Selon Barlamane, qui reprend les données du ministère espagnol de l'agriculture (le MAPA), le Maroc a exporté 205 777 tonnes de légumes de serre vers l'Espagne sur cette période. Cela représente 54 % de tout ce que l'Espagne importe dans cette catégorie. Pour mieux comprendre : sur 100 kilos de légumes de serre achetés par l'Espagne à l'étranger, plus de la moitié viennent du Maroc.

Le Portugal, deuxième fournisseur, est loin derrière avec 144 404 tonnes et 38 % du total. Les chiffres montrent même que le Maroc fournit à lui seul 99,8 % des achats espagnols en dehors de l'Union européenne.

Ce qui a particulièrement progressé, c'est le poivron. Ses exportations vers l'Espagne ont bondi de 18,8 % en un an, atteignant 102 951 tonnes. La tomate a aussi augmenté, mais plus modestement (+2,2 %, soit 77 614 tonnes). En revanche, le concombre et la courgette ont reculé, avec des baisses respectives de 18,2 % et 16,2 %.

Ces échanges ne concernent pas que les importations espagnoles. L'Espagne exporte aussi massivement ses propres légumes, et son commerce extérieur dans ce secteur a atteint un nouveau record de 4,238 milliards d'euros, selon le MAPA. Cela dit, la part marocaine dans les importations espagnoles souligne la dépendance croissante de l'Espagne vis-à-vis des serres marocaines, et la compétitivité des agriculteurs marocains.

Pour le consommateur marocain, ces chiffres ne changent pas directement son quotidien. Mais pour le secteur agricole, ils confirment une tendance lourde : le Maroc est devenu un fournisseur incontournable de légumes pour le marché européen, du moins pour l'Espagne. Et si cette tendance se poursuit, la production sous serre pourrait continuer à tirer l'économie agricole du pays.