Et si le phosphate marocain, connu pour les engrais, devenait un pilier des batteries électriques américaines ? C'est ce que suggère un centre de réflexion américain.

Le Maroc possède une ressource très convoitée : le phosphate, une roche utilisée depuis longtemps pour fabriquer des engrais. Mais selon un récent rapport de l'Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient (Winep), cette ressource pourrait aussi servir à produire des composants essentiels pour les batteries de véhicules électriques, un secteur où la Chine domine actuellement. Cette perspective pourrait réduire la dépendance américaine à la Chine dans ce domaine.

D'après Barlamane, qui a rapporté ces informations, le Maroc détient environ 70 % des réserves mondiales de phosphate naturel. Cette matière première pourrait être transformée en acide phosphorique purifié, un ingrédient clé des cathodes LFP, utilisées dans les batteries des voitures électriques et pour stocker de l'électricité.

Le contexte géopolitique récent a renforcé l'intérêt pour cette ressource. En février, la fermeture du détroit d'Ormuz a perturbé les approvisionnements en soufre et en ammoniac, nécessaires à la transformation du phosphate en engrais. Parallèlement, la Chine a suspendu ses exportations de phosphate transformé depuis décembre. Dans ce contexte, l'Office chérifien des phosphates (OCP), l'entreprise marocaine, a maintenu ses expéditions et s'est approvisionné en ammoniac jusqu'à Trinité-et-Tobago pour continuer sa production, selon la source.

La question des droits de douane américains sur les engrais marocains est aussi au cœur du sujet. Des droits instaurés en 2021 pénalisent les importations, mais une proclamation présidentielle a suspendu ces droits pour une durée pouvant atteindre huit mois. Une proposition de loi pour leur suppression définitive est à l'étude.

Au-delà des engrais, l'enjeu industriel est important. À Jorf Lasfar, une coentreprise associant OCP et des partenaires européens produit déjà de l'acide phosphorique purifié depuis les années 1990, mais la source ne précise pas les volumes actuels ni les projets d'expansion.