Des analyses prometteuses mais non définitives : une entreprise canadienne, Morocco Strategic Minerals Corporation (MSMC), a publié des teneurs en cuivre pouvant atteindre 27,68 % dans le Haut Atlas occidental. De quoi attirer l'attention, mais il faut comprendre ce que ces chiffres signifient vraiment.

Le cuivre est un métal très recherché, notamment pour les câbles électriques et la transition énergétique. Quand une entreprise annonce des teneurs élevées, cela peut signifier que le sol contient beaucoup de minerai exploitable. Mais tout dépend de la manière dont les échantillons ont été prélevés.

Selon Barlamane, qui rapporte les résultats publiés jeudi 20 août, MSMC a annoncé des teneurs de 27,68 % à Ijoukak, 23,6 % dans des haldes historiques à Tanfit, et 13,18 % à Ouneine. Ces trois sites se trouvent dans le Haut Atlas. Mais attention : ces résultats ne viennent pas tous des mêmes méthodes de prélèvement, et certains sont issus d'échantillons ponctuels et sélectifs, prélevés dans d'anciens travaux souterrains ou dans des haldes (des tas de déchets miniers). L'entreprise elle-même précise que ces échantillons ne sont pas nécessairement représentatifs de la teneur moyenne, de l'épaisseur ou de la continuité de la minéralisation.

Concrètement, si vous prélevez un caillou très riche en cuivre dans une vieille mine, cela ne veut pas dire que toute la montagne est aussi riche. Pour le savoir, il faut faire des forages systématiques. Or, à Ouneine, MSMC a fait un échantillonnage plus rigoureux (par rainures), mais l'épaisseur réelle des structures minéralisées n'a pas encore été établie. Dans les deux autres sites, les teneurs sont souvent très élevées : à Ijoukak, 20 échantillons sur 22 dépassent 1 % de cuivre, avec des pics à 27,68 %, 13,28 % ou 12,12 %. À Tanfit, treize échantillons sur seize dépassent aussi 1 %, avec un maximum de 23,6 % de cuivre et 42 grammes d'argent par tonne.

Ce que ça change : ces résultats aident MSMC à cibler les zones à forer pour confirmer un potentiel gisement. Mais tant que des forages n'ont pas été faits, on ne peut pas savoir si ces teneurs se retrouvent en profondeur et sur une grande surface. Bref, c'est une bonne nouvelle pour l'exploration, mais il faudra attendre des études plus poussées pour savoir si ces ressources sont réellement exploitables.