Chaque 20 août, le Maroc célèbre un moment clé de son histoire : la Révolution du Roi et du peuple. Un épisode où l'exil forcé d'un souverain a paradoxalement renforcé l'unité nationale.
Pour comprendre cette commémoration, il faut remonter à 1953. À l'époque, le Maroc est sous protectorat français. Le colonisateur décide d'exiler le sultan Mohammed V, symbole de la souveraineté nationale. L'objectif : affaiblir la lutte pour l'indépendance. Mais le résultat sera inverse.
Selon un communiqué du Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération, rapporté par Aujourd'hui le Maroc, cette décision visait à briser les liens entre le peuple et le Trône. Au lieu de cela, elle a déclenché une résistance farouche dans tout le Royaume, avec des batailles historiques comme celle d'Elhri dans le Moyen Atlas en 1914, d'Anoual au Rif entre 1921 et 1926, ou encore de Boughafer à Ouarzazate.
Avant cela, le peuple marocain avait déjà montré sa détermination face à des tentatives de division, comme le Dahir berbère de 1930, un décret qui visait à séparer les communautés. Puis, en 1944, des nationalistes présentent le Manifeste de l'indépendance, un document revendiquant clairement la fin du protectorat. En 1947, Mohammed V prononce un discours à Tanger où il réclame ouvertement l'indépendance.
Ce 73e anniversaire n'est pas qu'une commémoration : il rappelle un moment où l'unité nationale a été forgée dans l'épreuve, et où chaque tentative de diviser le pays a renforcé sa cohésion. Une leçon qui résonne encore aujourd'hui, alors que le Maroc célèbre son indépendance et son intégrité territoriale.




