Les impôts collectés par l'État marocain ont augmenté de près de 11% en un an, une progression qui doit beaucoup aux entreprises. Mais derrière ce chiffre global, certaines taxes avancent plus lentement que prévu.

Concrètement, l'État a encaissé 223,8 milliards de dirhams d'impôts entre janvier et fin juillet, selon le dernier rapport sur les finances publiques publié par le ministère de l'Économie et des Finances, relayé par Challenge. C'est 10,9% de plus que sur la même période l'an dernier.

Le principal moteur de cette hausse, c'est l'impôt sur les sociétés (IS), c'est-à-dire l'impôt que paient les entreprises sur leurs bénéfices. Il a rapporté 69,4 milliards de dirhams, en hausse de près de 25%. Les entreprises ont visiblement versé plus d'acomptes que prévu, signe d'une activité économique qui tourne.

En revanche, l'impôt sur le revenu (IR), payé par les salariés et les indépendants, n'a augmenté que de 1,8%. Mais ce chiffre cache une particularité : l'année dernière, l'État avait encaissé une somme exceptionnelle de 3,8 milliards de dirhams grâce à une mesure de régularisation fiscale volontaire. Sans cet élément, la hausse de l'IR aurait été de 11,9%, portée notamment par les salaires et les plus-values sur la vente de valeurs mobilières.

Côté TVA (la taxe sur la consommation), la collecte progresse de 6,5%, tirée surtout par la TVA sur les importations. Les remboursements de TVA aux entreprises ont aussi augmenté, passant à 10,6 milliards de dirhams. Enfin, les taxes sur les produits énergétiques et le tabac ont rapporté un peu plus, avec une hausse de 4,8%.

Ce maintien des recettes fiscales est important car il donne à l'État plus de marge pour financer ses dépenses (salaires, investissements, aides sociales) sans creuser davantage le déficit budgétaire. Mais le taux de réalisation par rapport aux prévisions varie selon les impôts : l'IS est à 73,5% de l'objectif annuel, tandis que la TVA et les taxes intérieures n'atteignent qu'environ 52%.