Jusqu'ici, face à une banque en difficulté, les autorités marocaines attendaient souvent que la crise soit installée avant d'agir. Une nouvelle loi change la donne.

Publiée au Bulletin officiel le 10 août 2026, la loi n°87.21 modernise le cadre juridique des établissements de crédit et le statut de Bank Al-Maghrib, la banque centrale du Maroc. Son objectif : permettre aux autorités d'agir plus vite et mieux quand une banque commence à montrer des signes de faiblesse, tout en limitant le recours à l'argent public.

C'est un peu comme installer un détecteur de fumée dans une maison, au lieu d'attendre que l'incendie soit déclaré pour appeler les pompiers.

D'après Challenge, qui a rapporté l'information, cette réforme s'inspire des leçons de la crise financière mondiale de 2008. Une évaluation du secteur financier marocain réalisée en 2015 avait aussi pointé des manques dans le dispositif légal, notamment sur les moyens d'intervention rapide et la gestion des établissements en difficulté.

Le premier grand changement : renforcer les pouvoirs de l'administrateur provisoire. Concrètement, si une banque commence à aller mal, cet acteur pourra agir plus rapidement pour éviter qu'une difficulté limitée ne se transforme en crise générale. C'est particulièrement important pour les banques dont la taille est telle qu'une défaillance pourrait affecter toute l'économie.

La loi crée aussi un nouveau mécanisme de résolution bancaire, c'est-à-dire un cadre organisé pour gérer la situation d'une banque en crise. Ce mécanisme sera piloté par une autorité présidée par le wali de Bank Al-Maghrib et composée de huit membres.

Enfin, la réforme prévoit des garanties spécifiques pour protéger les déposants et les créanciers, afin de préserver la confiance dans le système bancaire. Les détails sur le financement de ces opérations restent encore à préciser.