À quelques mois des prochaines échéances, la tension monte au sein de la majorité gouvernementale.

Le Rassemblement National des Indépendants (RNI), formation membre de la coalition au pouvoir, a publié un communiqué qui fait du bruit : il affirme que plusieurs de ses parlementaires, élus et responsables subissent des « pressions » et des tentatives de « débauchage » (attraction, littéralement) depuis des semaines.

Et le parti ne reste pas vague : il met en cause directement le Parti Authenticité et Modernité (PAM), un autre composant de la majorité.

Selon le communiqué du RNI, relayé par Aujourd'hui le Maroc, ces pratiques porteraient atteinte au « choix démocratique » et à la crédibilité de l'action politique. Le parti affirme que si cela continue, la confiance des citoyens dans les partis et dans le processus politique pourrait s'éroder.

Ce qui est reproché concrètement au PAM ? Présenter comme candidats des personnes qui avaient déjà été annoncées par le RNI pour les prochaines échéances — ou qui occupent toujours des mandats électifs sous les couleurs du RNI. Le communiqué cite huit noms : Abdelhay Hartoun, Mohamed Jamani, Zineb Simou, Othmane Badel, Manal Badel, Bouchra El Ouardi, Abdelhafid El Mekouti et Abdelkader El Hadouri.

Le RNI évoque aussi la situation dans la région de Dakhla, où des élus auraient changé d'affiliation politique, d'abord dans d'autres partis de la majorité, puis désormais au sein même du RNI.

Ce qui agace particulièrement le Bureau politique du RNI, c'est le contraste entre les engagements pris par tous les partis pour des élections « propres » — probité, transparence, égalité des chances — et ces pratiques qu'il qualifie de « contradiction flagrante ». D'autant que cette méthode touche directement la relation entre le RNI et le PAM, deux alliés au sein du gouvernement.

Il ne s'agit pas encore d'une rupture officielle de la coalition, mais le ton est clair. Cette sortie publique du RNI montre à quel point les positions se durcissent dans la course aux postes, avant les prochaines consultations électorales.