Les Pays-Bas viennent d'autoriser la vente de deux navires sans équipage à la Marine royale marocaine. Une transaction discrète, dont les détails techniques font écho à un célèbre drone naval israélien, sans que le nom du fabricant soit officiellement confirmé.
Le 13 juillet, le gouvernement néerlandais a donné son accord pour exporter vers le Maroc deux bâtiments de surface sans équipage (USV) pour un montant d'environ 13 millions d'euros, soit près de 140 millions de dirhams. Ces navires sont destinés à des missions de lutte anti-sous-marine et de déminage, selon une note de décision transmise au Parlement néerlandais.
Ce qui intrigue dans ce dossier, c'est que les documents officiels restent flous. Ils ne mentionnent ni le nom du fournisseur, ni le modèle exact des navires, ni même les chantiers qui les construiront. Plusieurs informations ont été masquées, comme le demandeur ou la désignation précise des bâtiments.
Pourtant, certaines caractéristiques techniques visibles dans le dossier rappellent fortement le Seagull, un drone naval fabriqué par la société israélienne Elbit Systems. Ce navire autonome de 12 mètres peut rester en mer plus de quatre jours et est contrôlé depuis un poste de commandement unique. Le dossier néerlandais mentionne également deux unités et une station de contrôle, sans préciser si cette station peut piloter les deux navires en même temps, une capacité propre au Seagull selon la fiche technique d'Elbit.
Les missions assignées aux navires marocains — plusieurs jours en mer, lutte anti-sous-marine et contre les mines — correspondent aussi à ce que propose le Seagull. Mais rien dans le document officiel ne permet d'affirmer avec certitude qu'il s'agit bien de ce modèle, souligne le média Barlamane, qui a analysé la décision néerlandaise.
Pour le Maroc, cet achat s'inscrit dans un effort de modernisation de ses équipements militaires. Mais le flou entretenu par les autorités néerlandaises sur l'identité du fournisseur laisse la porte ouverte à toutes les hypothèses, y compris celle d'un partenariat avec une entreprise israélienne, alors que les relations entre le Maroc et Israël se sont normalisées ces dernières années.




