Un mastodonte chinois de l'électrique mise gros sur le Maroc. Le chantier de son usine dans le Royaume accapare plus de la moitié des travaux en cours du groupe, signe d'une priorité stratégique.

Broad-Ocean Motor, un groupe chinois spécialisé dans les moteurs électriques pour l'habitat, l'automobile et les véhicules électrifiés, a considérablement augmenté la valeur comptable de son chantier marocain. Selon les informations consultées par Barlamane.com, cette valeur est passée à 335,2 millions de dirhams au premier semestre, contre 244,8 millions à fin décembre, soit une hausse de 36,9% en six mois.

Pour comprendre : la "valeur comptable" représente le montant des travaux déjà réalisés mais pas encore achevés, tel qu'inscrit dans les livres de comptes. Cette progression ne correspond pas forcément aux sommes réellement dépensées, mais elle mesure l'avancement du chantier tel que le groupe le déclare.

Le projet global est estimé à 1,6 milliard de dirhams, et environ 20% de cette enveloppe a été comptabilisée à la clôture du semestre. D'après le groupe, "la construction de la base marocaine progresse suit le calendrier prévu", mais aucune date de mise en service n'a été annoncée. Le document financier ne précise pas non plus les volumes de production attendus, ni les effectifs prévus, ni la première date d'expédition.

Le chantier marocain est de loin le plus important du groupe : il concentre à lui seul 56% des constructions inachevées, loin devant d'autres projets comme la ligne de fabrication de moteurs à bobinage plat ou des travaux immobiliers en Chine. Le projet est porté par plusieurs entités, dont Broad-Ocean Motor Morocco Investment, enregistrée à Hong Kong, et des sociétés locales comme SHedrive Industrial Morocco et SHedrive Auto Morocco, soumises à un impôt sur les sociétés de 20%.

Le groupe possède le terrain en pleine propriété, ce qui confirme la réalité physique du chantier. En parallèle, Broad-Ocean a réalisé au premier semestre un chiffre d'affaires de 8,5 milliards de dirhams, en léger recul de 1%, malgré la progression de ses activités automobiles. Le Maroc s'affirme ainsi comme un maillon clé de la stratégie du groupe chinois.