Une nouvelle infrastructure d'assainissement se prépare près du détroit de Gibraltar, et le Maroc ouvre le chantier aux entreprises du monde entier.
La Société régionale multiservices (SRM) Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, qui gère des services publics dans cette région du nord, a lancé un appel d'offres international pour construire une station d'épuration. Cette installation doit desservir le pôle urbain formé par Ksar Sghir et Ksar Majaz, dans la province de Fahs-Anjra. Le coût estimé est de 48,516 millions de dirhams, selon l'avis publié lundi 24 août.
Pourquoi cette annonce compte ? Parce que cette zone est stratégique. Ksar Sghir et Ksar Majaz se trouvent sur la rive sud du détroit de Gibraltar, tout près du complexe portuaire Tanger Med, l'un des plus grands ports de la région. La zone connaît une expansion urbaine rapide, avec des besoins croissants en infrastructures de base comme l'assainissement.
L'appel d'offres, référencé 074/2026/AS, porte sur les « travaux d'assainissement liquide » du pôle urbain, plus précisément le lot de la station d'épuration. La date limite pour remettre les offres est fixée au 14 octobre 2026 à 10 heures. En choisissant une procédure ouverte au niveau international, les autorités permettent à des entreprises étrangères spécialisées dans le traitement des eaux usées, les ouvrages hydrauliques et les équipements électromécaniques de participer.
Ce projet ne se limite pas à une simple station. Selon les études environnementales préparées, il prévoit un vaste réseau de canalisations : plus de 22,6 kilomètres de conduites au total, dont 14,2 kilomètres pour le réseau principal et secondaire et 8,4 kilomètres pour la desserte. S'y ajoutent 1 274 branchements particuliers et six déversoirs d'orage. Le réseau fonctionnera en mode « pseudo-séparatif », c'est-à-dire qu'il collectera séparément une partie des eaux pour les acheminer vers la station.
Le terrain est vallonné, ce qui complique l'écoulement naturel. Quatre stations de pompage (SP3 à SP6) sont donc prévues pour pousser les eaux à travers des conduites sous pression, avec des débits allant de 21 à 58 litres par seconde. Les matériaux utilisés incluent le PVC et le polyéthylène haute densité, des plastiques résistants souvent employés pour ce type d'infrastructure.
D'après Barlamane, cette nouvelle procédure succède à un marché qui était porté par l'Office national de l'électricité et de l'eau potable. La station d'épuration sera l'ouvrage final qui recevra les eaux collectées dans les deux centres urbains, fermant ainsi le cycle de collecte, transfert, pompage et traitement.




