Le Maroc devient une pièce maîtresse de la stratégie commerciale sud-coréenne. Séoul veut utiliser le royaume comme tremplin pour vendre plus facilement vers l'Europe et les États-Unis.

Le ministère sud-coréen du commerce, de l'industrie et des ressources (Motir) a placé le Maroc parmi sept pays ou groupes de pays avec lesquels il veut ouvrir ou relancer des négociations commerciales en 2026. La liste comprend aussi l'Égypte, l'Argentine, l'Uruguay, le Mercosur, le Mexique et la Tanzanie, selon le Motir.

Pourquoi le Maroc est-il si important pour Séoul ? Parce que le royaume a déjà signé des accords commerciaux avec plus de cinquante pays, notamment l'Union européenne et les États-Unis. Concrètement, une entreprise coréenne qui installe une usine au Maroc peut fabriquer ses produits ici et les exporter vers ces grands marchés sans payer de droits de douane. C'est ce que souligne l'administration sud-coréenne, qui y voit un avantage stratégique majeur.

Le ministre sud-coréen chargé du commerce, Yeo Han-koo, avait déjà présenté le Maroc en mai comme un « pont reliant l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique ». D'après Barlamane, qui a rapporté ces annonces, Séoul et Rabat travaillent sur un accord de partenariat économique global (CEPA). C'est un type d'accord plus large qu'un simple accord de libre-échange : il couvre l'ouverture des marchés, les investissements et la coopération industrielle.

Les deux gouvernements ont déjà fait plusieurs pas concrets. En juin, ils ont décidé de créer un groupe de travail pour préparer les négociations. Avant cela, en mai, les deux ministres du commerce avaient échangé en visioconférence. Le ministre sud-coréen avait alors dit vouloir « avancer rapidement vers la conclusion » de l'accord.

Concrètement, si ce CEPA aboutit, cela pourrait faciliter les échanges entre les deux pays et attirer plus d'investissements coréens au Maroc. Mais les négociations n'ont pas encore commencé officiellement — le groupe de travail doit d'abord définir leur cadre. Selon le Motir, Séoul travaille cette année sur un ensemble couvrant 22 pays ou groupes de pays, en comptant les accords déjà négociés et ceux à améliorer. Le Maroc fait clairement partie des priorités.