Une affaire de chiffres impressionnants et de méthodes discutées. Le quotidien français Le Monde a récemment évoqué une fuite de données concernant des membres des forces de sécurité marocaines, mais un média marocain s'interroge sur la solidité de cette information.
On parle ici de la publication de noms de près de 70 000 personnes supposées appartenir aux forces de sécurité et de renseignement du Maroc. Le chiffre est spectaculaire, la cible est sensible. Mais selon Barlamane, qui a analysé la couverture médiatique, la question n'est pas seulement de savoir si ces données sont réelles, mais si elles sont nouvelles.
D'après Barlamane, Le Monde aurait pu vérifier si ces fichiers n'étaient pas déjà connus. En avril 2025, un groupe appelé Jabaroot avait déjà diffusé une masse de données attribuées à la CNSS, l'organisme de sécurité sociale marocain, touchant près de deux millions de personnes. Le média marocain souligne que des informations comme des noms, numéros de carte d'identité ou dates de naissance peuvent être réutilisées, triées et republiées plus tard, sans qu'il y ait forcément eu une nouvelle intrusion dans les systèmes de la DGSN ou de la DGST, les services de sécurité marocains.
Barlamane estime que cette comparaison était essentielle avant de présenter ces fichiers comme une nouvelle fuite majeure. Le média marocain critique aussi une tendance à privilégier le récit spectaculaire sur la vérification, notamment quand il s'agit du Maroc, un sujet souvent traité à travers les thèmes des services secrets, de la surveillance ou des hackers.
Pour aller plus loin : l'analyse de Barlamane sur la méthode du Monde.




