Alors que le marché mondial des engrais est secoué par des arrêts de production au Moyen-Orient, une analyse américaine voit les prix rester élevés pendant des années et minimise une possible embellie pour les engrais marocains aux États-Unis.
Pour comprendre, il faut savoir que les engrais sont devenus un enjeu majeur depuis la guerre en Ukraine. Cette fois, c'est une banque coopérative américaine, CoBank, qui s'est penchée sur la question. Selon ses prévisions relayées vendredi, les prix pourraient rester élevés bien plus longtemps que prévu.
Le point central : les tensions sur les prix des engrais ne devraient pas se résorber avant 2028. La raison tient à des perturbations concrètes de la production, notamment au Moyen-Orient. Des usines sont arrêtées, des matières premières comme l'ammoniac et le soufre deviennent plus rares.
Du côté du Maroc, le contexte est particulier. Les États-Unis avaient accordé en juin une suspension de huit mois des droits compensateurs sur les engrais phosphatés marocains. Mais CoBank estime que cela ne garantit pas une hausse des importations. Pourquoi ? Parce que le prix du phosphate diammonique, déjà bas sur le marché de La Nouvelle-Orléans, pourrait ne pas rendre intéressante une reprise des achats américains.
Un autre point important : selon une économiste de CoBank, la situation actuelle diffère de celle de 2022. Aujourd'hui, les perturbations touchent directement des installations, rendant l'approvisionnement plus difficile. Les distributeurs américains doivent donc assurer des volumes suffisants pour les agriculteurs, sans trop stocker à prix élevés.
L'analyse de CoBank, reprise par Barlamane, soulève des questions importantes pour l'agriculture mondiale. Les agriculteurs, eux, voient déjà des reports d'achats et une demande qui se contracte.




