Les ressortissants algériens sont désormais les premiers concernés par les injonctions de quitter l'Union européenne, une tendance qui s'est accélérée depuis 2023.

Chaque année, les pays de l'UE peuvent décider qu'une personne en situation irrégulière doit quitter leur territoire. Cette décision s'appelle un « ordre d'éloignement ». Selon Eurostat, l'office statistique de l'UE, les Algériens ont reçu 11 105 de ces ordres au premier trimestre 2026, contre 6 435 pour les Marocains. En 2025, l'écart était de 45 725 décisions pour les Algériens contre 29 030 pour les Marocains, soit 57,5 % de plus.

Cette situation n'est pas nouvelle côté espagnol. En 2024, d'après le Réseau européen des migrations (REM), les Algériens étaient déjà la deuxième nationalité la plus visée en Espagne, avec 9 495 décisions, derrière les Maliens (9 565) et devant les Sénégalais (9 040). Les Marocains n'apparaissaient même plus dans le trio de tête. Un an plus tôt, en 2023, c'était pourtant l'inverse : 17 330 Marocains avaient reçu un ordre de départ contre 6 725 Algériens.

Pourquoi ces chiffres comptent-ils ? Ils montrent une évolution des flux migratoires et des politiques d'expulsion en Europe. L'Espagne, qui a prononcé 53 700 ordres en 2025 (10,9 % du total européen), reste un pays clé. La France (137 550) et l'Allemagne (55 240) sont les principaux émetteurs. Ces données, publiées mardi 30 juin par Eurostat, couvrent les 27 pays de l'UE. Selon Barlamane, qui rapporte ces chiffres, les Algériens ont dépassé les Marocains dans les ordres de départ en Espagne dès 2024, après un basculement spectaculaire en 2023.

En clair, cette statistique illustre un changement de profil des personnes expulsables, sans expliquer les causes. Elle reflète aussi des réalités nationales différentes en matière de migration et de retour.