L'affaire des prétendues fuites de données marocaines pourrait bien être moins réelle qu'annoncé. Des médias espagnols affirment que le renseignement de ce pays aurait ajouté des noms inventés aux listes divulguées.
De quoi parle-t-on exactement ? Une affaire, surnommée « Jabaroot », agite le Maroc et l'Espagne. Des listes de données personnelles ont circulé, présentées comme provenant d'une brèche dans les systèmes des services de sécurité marocains. Mais voilà : selon la presse espagnole, citée par Barlamane, le Centre national de renseignement (CNI) espagnol — l'agence de renseignement espagnole, placée sous la tutelle du ministère de la défense — aurait ajouté une cinquantaine de patronymes fictifs à ces listes.
Pourquoi faire ça ? L'objectif serait de rendre impossible la distinction entre les vraies données et les fausses. En brouillant les pistes, le but serait d'accroître la pression sur la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) et sur son patron, Abdellatif Hammouchi, qui dirige aussi la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Les services de sécurité marocains ont catégoriquement démenti toute effraction de leurs systèmes.
Que disent les autorités marocaines ? Dans un communiqué conjoint, le pôle DGSN-DGST affirme que les informations divulguées proviennent en réalité d'anciennes bases de données détenues par des compagnies d'assurance et des organismes de couverture sanitaire et sociale. Ils signalent aussi la circulation de photos retouchées et de documents contrefaits, notamment des grades militaires qui n'existent pas au Maroc.
Ce contexte est particulier parce que l'Espagne a elle-même connu des fuites importantes récemment. Selon Barlamane, les systèmes de la police nationale et de la garde civile espagnoles ont subi une intrusion fin février, avec des données sur les accréditations d'agents volées. Des informations personnelles de membres du Conseil de sécurité nationale espagnol sont aussi apparues. Et plus de 122 000 incidents cybernétiques ont été enregistrés en Espagne en 2025.




