Rabat et Jakarta relancent leurs discussions commerciales, avec un objectif affiché en 2027. Derrière cette échéance, des produits précis qui pourraient circuler plus librement entre les deux pays.
Le commerce entre le Maroc et l'Indonésie est aujourd'hui modeste : environ 235 millions de dollars en 2025. Mais les deux capitales veulent aller plus loin. Jeudi, le ministère indonésien du commerce a relancé les négociations avec Rabat, et vendredi, il a fixé à 2027 l'objectif de conclure un accord commercial, selon l'agence de presse indonésienne Antara.
Concrètement, les négociateurs devront établir un calendrier, reprendre les discussions à partir de textes déjà préparés, et déterminer les accès aux marchés. La vice-ministre indonésienne du commerce, Dyah Roro Esti Widya Putri, a déclaré que son pays est prêt à «travailler de manière constructive» pour transformer les bonnes relations politiques en avantages économiques, d'après la source.
Pourquoi c'est important : l'Indonésie voit un potentiel inexploité au Maroc pour certains produits. Jakarta vise notamment l'ammoniac anhydre (utilisé dans l'industrie), l'huile de palme, l'acier semi-fini et les crevettes congelées. En retour, le Maroc est considéré comme un fournisseur stratégique de l'Indonésie pour les engrais et l'aluminium.
Selon les données du ministère indonésien du commerce, les échanges ont déjà progressé de 33 % en 2025 par rapport à l'année précédente. L'Indonésie vend surtout au Maroc du café, des pneus, des huiles, de la margarine et du charbon, tandis qu'elle achète des engrais, de l'aluminium et des vêtements féminins. Le solde commercial est en faveur de l'Indonésie, avec un excédent de près de 75 millions de dollars.
Pour le lecteur qui découvre ce sujet, l'enjeu est simple : un accord commercial pourrait réduire les barrières douanières et simplifier les échanges entre deux économies émergentes. Mais le chemin est encore long, et les détails de l'accord restent à négocier.




