Un groupe péruvien de chimie minérale achète la quasi-totalité de son produit clé au Maroc. Une dépendance qui dit long sur le rôle du royaume dans les approvisionnements mondiaux.
Le géant péruvien Quimpac, spécialisé dans la chimie minérale, a importé pour 24 millions de dollars de phosphate de calcium depuis le Maroc entre janvier et juillet 2026. Ce montant représente 99,2 % du total des importations de l'entreprise sur la période. En clair : sur 24,2 millions de dollars de marchandises achetées à l'étranger, seuls 200 000 dollars ne viennent pas du royaume.
Les données proviennent du rapport publié le 21 août par le Centre de recherche sur l'économie et les affaires mondiales (CIEN), une unité de l'Association des exportateurs du Pérou (ADEX). Elles s'appuient sur les statistiques douanières officielles péruviennes (Sunat), comme l'a rapporté Barlamane.
Ce quasi-monopole du Maroc sur les achats de Quimpac s'explique par la qualité du phosphate marocain, mais aussi par la logistique et les coûts compétitifs. Pour le Pérou, qui dépend d'un seul fournisseur pour une matière première essentielle à ses industries agricoles et chimiques, c'est aussi une vulnérabilité potentielle.
Cependant, cette situation masque des évolutions contrastées dans le secteur. Les importations péruviennes de silicates et kiesérites (d'autres minéraux utilisés en agriculture) ont bondi de 92 204 % sur un an, atteignant 7,3 millions de dollars. Une progression spectaculaire qui montre que les flux commerciaux ne sont pas figés.
Pour le Maroc, ces 24 millions de dollars représentent une goutte d'eau comparée à ses exportations totales de phosphate (plusieurs milliards de dollars par an). Mais c'est une diversification précieuse de ses débouchés en Amérique latine, où la demande en engrais et produits chimiques augmente. Le royaume confirme ainsi sa place de leader mondial du phosphate, avec des clients qui vont du Brésil au Pérou, en passant par l'Europe.
Au final, cette dépendance de Quimpac envers le Maroc illustre une réalité économique : le phosphate est un produit stratégique, et le Maroc en détient les clés. Pour le Pérou, cela signifie une sécurité d'approvisionnement, mais aussi une fragilité si les relations commerciales venaient à être perturbées.




