Ce n'est pas un opposant qui parle, mais quelqu'un qui a le RNI dans le sang. Dans une tribune publiée par Barlamane, un membre d'une famille historiquement liée au parti livre un constat amer : le RNI d'aujourd'hui aurait perdu ce qui faisait sa raison d'être.

L'auteur de cette tribune ne se présente pas comme un simple observateur. Il raconte que sa famille a rejoint le RNI après avoir été engagée à gauche, à partir de 1973, à la suite des événements de Moulay Bouazza. Son père s'est ensuite présenté aux élections de 1977 sans étiquette politique, à une époque où, écrit-il, certains ministres actuels du parti n'étaient même pas encore nés. Cet héritage familial lui donne, dit-il, une légitimité pour parler : il connaît les hommes, les débats, et la culture politique qui existait autrefois au sein du parti.

Mais c'est justement cette proximité qui nourrit sa déception. Selon lui, le RNI est devenu un parti qui « peine à porter une véritable vision idéologique », qui fonctionnerait davantage « comme une machine électorale et gouvernementale » que comme une force politique portée par une doctrine. Il en conclut qu'un parti qui perd sa vision finit par perdre « son âme ».

La tribune s'inscrit dans un moment de réflexion interne, après des échanges récents avec son père sur l'état actuel du parti. Il précise qu'il ne s'agit ni d'un règlement de comptes ni de nostalgie, mais d'une conversation entre deux générations sur une question simple : « qu'est-il arrivé à l'idée que nous nous faisions de la politique ? »

On notera que l'auteur ne donne pas son nom, ni ne cite de faits précis ou de décisions récentes qui auraient déclenché cette critique. Il s'agit avant tout d'un constat personnel et politique, qui tranche avec les communiqués officiels habituels. Selon Barlamane, qui a publié cette tribune, l'auteur affirme ne pas ignorer les messages qu'il reçoit, mais dit « sélectionner les drames auxquels il choisit de répondre » — une phrase qui en dit long sur son état d'esprit.