Le cheptel marocain se renforce grâce aux importations, et le royaume devient l'un des tout premiers débouchés pour les éleveurs brésiliens, juste derrière la Turquie.
Chaque mois, le Brésil exporte des bovins vivants vers plusieurs pays. En juillet, une part très importante de ces animaux a pris la direction du Maroc : près de 27 200 têtes, selon les données officielles brésiliennes compilées par Agrifatto et recoupées par Barlamane. Cela représente environ 40 % des 67 100 bovins exportés par le Brésil sur ce mois.
Le Maroc se classe ainsi deuxième acheteur mondial, très proche de la Turquie. L'écart entre les deux pays est mince : la Turquie a reçu environ 2 300 têtes de plus. Le royaume devance largement les autres destinations, comme l'Irak et le Liban, qui font partie des rares marchés encore approvisionnés par le Brésil pour ce type de bétail.
Pour comprendre l'importance de ce chiffre, il faut savoir que le commerce de bovins vivants est un indicateur de la santé des élevages et des besoins en viande d'un pays. En achetant massivement des animaux sur pied, le Maroc sécurise son approvisionnement en bétail pour sa filière viande rouge. C'est un choix stratégique pour un pays dont la demande locale est soutenue, notamment avant les fêtes religieuses.
Cette dynamique s'inscrit dans un contexte plus large. Selon Barlamane, les exportations brésiliennes de bovins vivants ont fortement baissé en juillet par rapport à juin, mais sur les sept premiers mois de l'année, le volume total reste en hausse par rapport à l'an dernier. Les animaux viennent principalement de deux régions brésiliennes : l'État du Pará, qui fournit près des deux tiers des bêtes exportées, et le Rio Grande do Sul. Dans ces zones, les ventes à l'étranger soutiennent les prix locaux, car elles réduisent l'offre disponible sur le marché intérieur brésilien.
Le Maroc s'affirme donc comme un partenaire commercial de premier plan pour le Brésil, dans un secteur où la concurrence entre acheteurs est vive. Cette place privilégiée donne au royaume un poids important dans les négociations et dans l'accès à une ressource essentielle pour son agriculture.




