Un cabinet indien de conseil économique a calculé ce que le Maroc pourrait gagner en exportations d'ici 2031. Selon ses projections, les relations déjà en place pourraient rapporter bien plus qu'aujourd'hui, et notamment beaucoup plus avec les États-Unis.

Il ne s'agit pas de ce que le Maroc exporte actuellement, mais de ce qu'il pourrait exporter dans quelques années. Le cabinet 6WResearch estime que «le potentiel du Maroc sur ses relations d'exportation déjà établies atteindrait 37,3 milliards de dollars en 2031», soit environ 345,1 milliards de dirhams. C'est une projection, pas un chiffre réel. Cette estimation dépend de plusieurs conditions, comme les moyens industriels disponibles, les autorisations nécessaires, les commandes à venir et les règles douanières qui s'appliqueront à ce moment-là.

L'élément le plus marquant de cette étude, rapportée par Barlamane, concerne la place des États-Unis. Le modèle attribue à ce pays 10,76 milliards de dollars de potentiel d'exportation, soit 99,6 milliards de dirhams. C'est près de 29 % du total calculé. Pour comprendre l'ampleur du saut, le texte compare ce chiffre avec la réalité actuelle : en 2025, les douanes américaines ont enregistré 1,8589 milliard de dollars d'importations venant du Maroc (17,2 milliards de dirhams). Le montant prévu pour 2031 représenterait donc presque 5,8 fois les ventes marocaines effectives de 2025, et dépasserait à lui seul la valeur totale des échanges bilatéraux actuels, qui s'élève à 7,3887 milliards de dollars.

Derrière les États-Unis, le modèle place la Chine avec 4,40 milliards de dollars, puis le Japon (2,44 milliards), l'Inde (2,41 milliards) et le Canada (2 milliards). Ces cinq destinations à elles seules concentrent 22,01 milliards de dollars, soit 59 % des possibilités commerciales identifiées.

Côté produits, les premiers gisements seraient les faisceaux électriques pour l'automobile (4,64 milliards de dollars), les engrais au phosphate d'ammonium (2,28 milliards), les engrais azotés et potassiques (2,18 milliards), les circuits intégrés logiques (1,82 milliard) et les petites voitures à essence (1,80 milliard).

Une précision importante : cette hiérarchie prospective ne signifie pas que les États-Unis ont dépassé l'Europe dans les ventes réelles. Selon l'étude, l'Espagne, la France et l'Allemagne restent les toutes premières relations commerciales actuelles du Maroc.