Le Maroc s'impose comme un acheteur majeur de charbon américain, une énergie fossile très polluante, au moment où le royaume met en avant sa stratégie climatique. Une semaine record qui soulève des questions sur la cohérence entre discours et réalité énergétique.

Entre le 17 et le 23 août, les ports américains ont expédié 343 345 tonnes de charbon thermique vers le Maroc, selon les données des services de suivi maritime publiées mardi 25 août et rapportées par Barlamane.com. Ce volume place le royaume au deuxième rang des destinations de ce combustible, derrière l'Inde qui en a reçu 436 323 tonnes.

Le charbon thermique est utilisé dans les centrales électriques pour produire de l'électricité. Son importation en grande quantité peut surprendre, car le Maroc développe en parallèle des projets solaires et éoliens. Mais le pays continue de dépendre des énergies fossiles pour assurer sa production d'électricité de base.

Selon Barlamane.com, les expéditions maritimes hebdomadaires de charbon américain ont totalisé 2,10 millions de tonnes, en hausse de 37% par rapport à la semaine précédente. Le charbon thermique représente à lui seul 1,08 million de tonnes, soit une augmentation de 104% en une semaine. C'est lui qui tire l'essentiel de la croissance des exportations américaines, tandis que le charbon métallurgique (utilisé pour fabriquer de l'acier) n'a progressé que de 2%.

Le port de Baltimore domine les chargements thermiques avec 589 600 tonnes, pour la sixième semaine consécutive. Suivent Plaquemines, le port de Louisiane du Sud, Long Beach, Hampton Roads et le Grand Bâton-Rouge. Toutefois, le relevé ne précise pas quels ports ou fournisseurs ont servi pour les cargaisons destinées au Maroc.

Côté prix, le charbon chargé à Baltimore est évalué à 90,10 dollars la tonne, soit environ 833,6 dirhams, un niveau stable. À La Nouvelle-Orléans, le charbon de moindre qualité a légèrement gagné 80 cents pour atteindre 85,50 dollars la tonne. Ces référencements ne permettent pas de calculer la valeur exacte des importations marocaines, faute de détails sur le port de départ, la qualité du charbon et les conditions contractuelles.

Ce rythme soutenu fin août contraste avec le recul enregistré au premier trimestre, quand les exportations américaines vers le Maroc avaient chuté. Cette semaine record relance le débat sur la place du charbon dans le mix énergétique marocain, entre besoin de fiabilité et impératifs climatiques.

Source : Barlamane