Bonne nouvelle pour l'industrie automobile marocaine : un équipementier chinois, Lingyun, construit actuellement deux usines dans le royaume. Mais le détail le plus intéressant de son rapport financier semestriel concerne le régime fiscal très favorable dont pourront bénéficier ces deux entités.
D'après un rapport semestriel déposé par Lingyun auprès de la bourse de Shanghai, ses deux futures usines marocaines — l'une à Tanger pour des pièces métalliques, l'autre pour des conduites en plastique — pourraient être exonérées d'impôt sur les sociétés pendant cinq exercices bénéficiaires. Concrètement, cela signifie que l'impôt ne sera pas dû tant que ces entreprises n'auront pas enregistré leur premier bénéfice comptable, et ce, pour une durée de cinq ans à partir de ce moment-là.
Selon Barlamane, qui a relayé l'information, ce dispositif vise les entreprises créées après janvier 2021. Le taux d'imposition statutaire de 20 % n'est qu'un taux de référence : la charge réelle sera nulle pendant la période d'exonération.
Le compteur ne démarre pas à la création de la société. Il ne commence qu'au premier exercice clos avec un bénéfice. Un mécanisme avantageux pour Lingyun, qui peut ainsi repousser le début de son exonération tant que les usines, encore en construction, ne sont pas rentables. En clair : plus la mise en route est longue, plus l'avantage fiscal est retardé… et plus il profite pleinement une fois la production lancée.
Mais tout n'est pas rose. Comme le note le rapport, cette exonération ne dispense pas les entités des autres impôts et taxes. Et surtout, le groupe chinois ne précise ni si l'une des deux sociétés a déjà enregistré son premier bénéfice, ni la date de démarrage de la production, ni le montant des impôts qui seront dus après la fin de l'exonération. Difficile donc de chiffrer l'économie fiscale réelle pour l'instant.
Ce projet s'inscrit dans une stratégie plus large du groupe, qui consiste à rapprocher recherche et fonctions commerciales des grands clients mondiaux, puis à délocaliser la production vers des pays aux coûts plus faibles.




