Emprunter de l'argent coûte de plus en plus cher aux gouvernements occidentaux. Une tendance qui inquiète, car elle reflète l'endettement croissant des États et pourrait peser sur leurs finances publiques.

Quand un État veut financer ses dépenses, il emprunte sur les marchés financiers en émettant des titres de dette. Le taux d'intérêt correspond au prix que l'État paie pour cet emprunt. Or, ces dernières semaines, ce prix a fortement augmenté dans plusieurs grands pays, comme le montre un article de Challenge.

Concrètement, la France emprunte désormais à un taux d'environ 4,10% sur dix ans, du jamais-vu depuis 2008, en pleine crise financière. L'Allemagne, pourtant considérée comme un modèle de rigueur en Europe, voit son taux dépasser 3,20%, une première depuis 2011. Le Royaume-Uni a frôlé les 5,20%, et les États-Unis ont atteint des sommets, notamment à 5,30% sur trente ans, un niveau sans précédent depuis 2007.

Pourquoi une telle flambée ? D'après l'article, l'explication principale est la hausse continue de la dette publique des États depuis près de 20 ans. Depuis la grande crise financière de 2008-2009, les pays se sont fortement endettés pour soutenir leur économie, et cette dette n'a cessé d'augmenter. Des pays comme la France, les États-Unis ou le Japon sont très endettés, mais même l'Allemagne, qui avait l'habitude de faire attention à ses dépenses, a vu ses déficits augmenter.

Pour financer leurs besoins, ces États émettent de nouveaux titres de dette, ce qui les met en concurrence les uns avec les autres pour attirer les investisseurs. Ces derniers, conscients des risques liés à un endettement élevé, exigent une prime de risque, c'est-à-dire un taux plus élevé pour compenser le danger de ne pas être remboursé intégralement. Les États sont aussi en concurrence avec les géants de la technologie qui empruntent massivement pour investir dans l'intelligence artificielle, comme le souligne l'article.

Cette situation n'est pas sans conséquence : des taux plus élevés signifient des charges d'intérêt plus lourdes pour les États, ce qui peut limiter leur capacité à financer des politiques publiques ou à réduire leurs déficits à terme.