Pourquoi les moins de 35 ans boudent-ils les urnes au Maroc, et que fait l'État pour y remédier ? Une réforme électorale, engagée fin 2025, pourrait changer la donne.

Ces dernières années, la participation politique des jeunes Marocains a pris un nouveau visage. Fini les meetings traditionnels : place aux collectifs étudiants et aux mouvements spontanés, organisés en grande partie sur des plateformes numériques comme Discord. Ces outils permettent une communication rapide et directe, et facilitent la mobilisation à court terme. Mais ce changement de style cache un problème plus profond : une méfiance grandissante envers les institutions politiques classiques.

D'après Aujourd'hui le Maroc, plusieurs chercheurs interprètent cette évolution comme un signe de transformation de la participation politique, mais aussi comme l'expression d'une confiance plus faible dans les institutions traditionnelles. Les représentants de la jeunesse des partis politiques, auditionnés par le CESE, pointent plusieurs causes : l'incapacité des élites à répondre aux crises économiques et sociales, des affaires d'éthique impliquant des responsables, un traitement parfois négatif de la politique dans les médias, ou encore le manque de renouvellement des élites.

Pour inverser cette tendance, le gouvernement a lancé une réforme du cadre des élections législatives à partir d'octobre 2025. Objectif : lever les obstacles qui freinent l'engagement électoral des jeunes de moins de 35 ans. La mesure phare ? Une aide publique qui peut couvrir jusqu'à 75% des dépenses de campagne, même pour les candidats qui n'ont pas l'investiture d'un parti. Une façon concrète d'ouvrir le jeu politique à ceux qui n'ont pas les moyens financiers de se lancer.

Reste à voir si ces nouvelles règles suffiront à restaurer la confiance et à faire revenir les jeunes vers les urnes. Mais le signal est clair : le Maroc veut renouveler sa classe politique et impliquer davantage sa jeunesse dans les institutions représentatives.