À un mois des élections législatives marocaines, le débat d'idées semble passer au second plan. Les formations politiques misent davantage sur leur capital électoral et leur notabilité que sur des projets de société, un constat qui inquiète des politologues et constitutionnalistes du pays.
Le 23 septembre, les Marocains éliront les 395 membres de la Chambre des représentants, l'équivalent de l'Assemblée nationale en France. Des sièges répartis entre circonscriptions locales (305) et régionales (90). Mais à un mois de l'échéance, seuls quatre partis ont publié un programme électoral structuré, selon une source médiatique Barlamane.
Cette situation préoccupe d'autant plus que les défis du pays sont nombreux. Les spécialistes interrogés décrivent un espace programmatique resserré, où la compétition se joue avant tout sur les visages plutôt que sur les idées. Les principaux partis, comme le Parti authenticité et modernité (PAM), deuxième force sortante, se contentent d'une ébauche et réservent leurs annonces à leurs principales têtes de liste.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), le parti au pouvoir, a de son côté dévoilé une feuille de route pour 2026-2031 intitulée « Trois engagements. Douze mesures ». Il promet notamment 800 milliards de dirhams d'investissements à l'horizon 2030 et une baisse du chômage à 9 %. Mais ces chiffres rappellent étrangement ceux de son programme de 2021, qui prévoyait déjà des objectifs similaires — dont la création d'un million d'emplois — sans qu'ils soient atteints au terme du mandat.
Le calendrier électoral est déjà en place. La campagne officielle s'ouvrira le 10 septembre à minuit et se clôturera le 22 septembre à minuit, selon un décret présenté par le ministre de l'intérieur. Les candidatures devront être déposées du 31 août au 9 septembre, avec une nouveauté : la possibilité de le faire en ligne sur une plateforme dédiée, en plus du dépôt physique en préfecture.
Enfin, le corps électoral s'établit à environ 16,5 millions d'inscrits, avec une majorité d'hommes (54 %) et une légère majorité d'urbains (55 %). Environ 1,4 million de personnes ont été radiées des listes, tandis que 382 000 nouvelles inscriptions ont été enregistrées.




