Un fabricant chinois de fils d'acier pour pneus a officialisé l'achat du terrain de sa future usine marocaine, près de Tanger. Mais ce pas important s'accompagne d'un constat inquiétant : les travaux, qui devaient commencer il y a un an et demi, n'ont toujours pas débuté.

C'est ce que révèle un rapport financier de l'entreprise Shandong Daye, relayé par Barlamane.com. Ce document, qui couvre la période allant jusqu'à juin 2026, montre que le groupe a inscrit à son bilan l'acquisition du lot n°57 de la Cité Mohammed VI Tanger Tech. Le montant : 81,8 millions de yuans, soit environ 112,9 millions de dirhams.

Cette transaction donne une traduction concrète à un accord foncier annoncé fin décembre 2025. Le terrain est désormais la propriété de Daye Morocco, une filiale contrôlée à 100% par le groupe chinois. Sa mission : produire des fils d'acier spéciaux, notamment pour les pneus, les importer et les exporter.

Mais voici le hic. Selon le rapport, le chantier en est encore à ses balbutiements. La conception est faite, et l'appel d'offres pour la charpente métallique est terminé. Mais rien de plus. Au 30 juin 2026, aucun bâtiment n'est sorti de terre, aucun équipement n'a été installé, et aucune dépense de construction n'a été enregistrée.

Pourtant, le calendrier initial, présenté en octobre 2024, prévoyait le début des travaux en janvier 2025 et l'achèvement de la première tranche en décembre 2026. Dix-huit mois après la date prévue de démarrage, l'entreprise n'a pas officiellement reporté ces échéances. Mais avec si peu d'avancement, tenir l'objectif de décembre 2026 semble désormais très compromis.

Cette première tranche, c'est 80 000 tonnes de fils d'acier par an, pour un investissement de 1,2 milliard de dirhams. Au total, le projet est chiffré à 2,1 milliards de dirhams, selon les informations communiquées lors de son approbation.

L'achat du terrain n'explique qu'une petite partie de la hausse des immobilisations du groupe chinois, qui a bondi de 3,6 à 5,2 milliards de dirhams entre décembre 2025 et juin 2026. Mais c'est le premier actif précisément chiffré de la future usine marocaine. Pour l'instant, il s'agit surtout d'un symbole : la terre est acquise, mais l'usine, elle, attend toujours.