Le marché marocain du ciment avance à deux vitesses : les grands chantiers progressent, mais ce que l'on achète en petites quantités pour construire sa maison ralentit.

D'après une note du ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville, publiée par Barlamane, les cimentiers ont livré 1,42 million de tonnes en juillet, contre 1,4 million un an plus tôt. C'est une hausse de près de 2% sur un an. Mais ce rebond estival ne compense pas le ralentissement du début d'année.

Sur les sept premiers mois de 2026, les livraisons cumulées atteignent 8,22 millions de tonnes, contre 8,28 millions en 2025 sur la même période. Soit une baisse de 0,75%. Ce repli prolonge celui déjà observé au premier semestre.

Ce qui se cache derrière ces chiffres, c'est une différence entre les circuits. La distribution, c'est-à-dire les ventes aux négociants qui fournissent les particuliers pour l'autoconstruction, représente un peu plus de la moitié des volumes (52,6%). Elle a reculé de 5,39% sur sept mois. En face, le béton prêt à l'emploi, utilisé pour les grands projets, a progressé de près de 8%, tout comme les infrastructures, qui ont bondi de 13,79%. L'infrastructure est d'ailleurs le segment le plus dynamique, devant le bâtiment.

Autrement dit, les grands chantiers avancent, mais les petits chantiers, souvent réalisés par des particuliers via des négociants, marquent le pas. Une trajectoire heurtée depuis janvier : le mois de janvier a chuté de près de 19%, puis février de 12%, en raison notamment de fortes pluies et du ramadan. Puis les choses se sont redressées en avril avec un bond de plus de 30%, avant une nouvelle baisse en mai, puis un mieux en juin et juillet.

En 2025, le marché avait renoué avec 14,82 millions de tonnes après deux années de reprise, mais sans atteindre le record de 2011. L'Association professionnelle des cimentiers, qui regroupe les principaux producteurs (dont Ciments du Maroc, Holcim Maroc et autres), suit ces chiffres de près.

Pour le lecteur : ce que cela change concrètement, c'est que le secteur du ciment, indicateur clé de l'activité économique, montre des signes contrastés. La demande industrielle est portée par les projets d'infrastructures publiques, mais la demande des ménages pour la construction individuelle reste faible. Ce déséquilibre pourrait peser sur l'emploi et sur les revenus des négociants, si la tendance se poursuit.