Le cours de Falcon Energy Materials a grimpé de plus de 13% en une séance à Toronto, alors que l'entreprise canadienne, qui mise sur le Maroc pour produire un composant clé des batteries électriques, envoie ses premiers échantillons à des fabricants.
Derrière ce jargon boursier se cache une histoire simple : une entreprise minière canadienne a installé près de Casablanca des installations pilotes qui transforment du graphite en un matériau utilisé dans les batteries lithium-ion. Ce matériau, appelé CSPG, est un composant essentiel des batteries qui alimentent voitures électriques et téléphones.
Selon Barlamane, qui a relayé une note du cabinet de recherche financière Kalkine Canada Advisory Services, l'action de Falcon Energy Materials a bondi de 13,13% jeudi 27 août. La raison ? L'avancement de son projet marocain et la perspective d'un financement qui ne diluerait pas les actionnaires existants.
Concrètement, l'entreprise a annoncé en avril une lettre d'intention avec un partenaire stratégique et financier. Ce montage prévoit des ressources qui éviteraient d'émettre de nouvelles actions, ce qui aurait réduit la part des actionnaires actuels. Mais le cabinet canadien rappelle qu'une lettre d'intention ne vaut pas financement acquis : il reste à signer des accords définitifs et à obtenir les autorisations réglementaires.
Côté production, les installations pilotes de la région de Casablanca, mises en service en juillet, produisent déjà du graphite sphéronisé purifié et enrobé en petites quantités. Ces échantillons servent aux tests de qualification des clients. Aucun gros contrat d'approvisionnement ne sera signé avant que les fabricants de batteries aient validé le matériau selon leurs spécifications techniques.
Le choix du Maroc s'explique par son tissu industriel et son accès aux marchés internationaux. L'entreprise se positionne comme une « alternative régionale » à une chaîne d'approvisionnement dominée par l'Asie. Elle vise le matériau actif d'anode, un segment plus rémunérateur que le simple minerai brut.
En parallèle, Falcon a engagé une procédure d'arbitrage international après avoir été dépossédée de son projet de graphite de Lola, en Guinée, et réclame réparation.




