Pour désengorger le système bancaire marocain, le gouvernement planche sur un nouveau mécanisme : un marché où les banques pourraient revendre leurs créances impayées à d'autres investisseurs. Le projet de loi a été transmis au Secrétariat général du gouvernement, et la banque centrale travaille sur les aspects fiscaux, judiciaires et prudentiels nécessaires.
Selon Médias24, qui a rapporté l'information, le stock de créances en souffrance — c'est-à-dire les dettes que les entreprises ou particuliers n'ont pas remboursées — atteint aujourd'hui 102,3 milliards de dirhams.
En clair, ce nouveau marché permettrait à une banque de ne plus garder une créance impayée dans ses livres (ce qui lui coûte en provisions et en risques), mais de la céder à un fonds ou un autre établissement spécialisé dans le recouvrement. L'investisseur, lui, espère récupérer une partie de la somme due.
Le projet de loi qui encadre cette cession directe des créances a déjà été envoyé au Secrétariat général du gouvernement (l'organe qui prépare les textes avant leur passage en Conseil de gouvernement). En parallèle, Bank Al-Maghrib planche sur les détails techniques : comment rendre ces opérations attractives fiscalement, comment les encadrer sur le plan judiciaire, et quelles règles prudentielles (limites de risque) imposer aux banques qui vendent ou achètent ces créances.
Le chantier est donc en bonne voie, mais il reste à finaliser plusieurs volets réglementaires avant que le marché puisse voir le jour. Pour les banques marocaines, un tel outil pourrait alléger leur bilan et libérer des capacités de prêt.




