Un mécanisme discret mais lourd de conséquences : quand l'État emprunte beaucoup auprès des banques, celles-ci prêtent moins aux entreprises privées. La banque centrale vient de le chiffrer pour la première fois.
Selon Médias24, Bank Al-Maghrib a calculé l'impact de ce qu'on appelle « l'effet d'éviction » du financement public. Concrètement, quand les banques augmentent d'un montant équivalent à 1 % de la richesse nationale (le PIB) les titres de dette publique qu'elles détiennent, le crédit accordé aux entreprises privées finit par baisser de 0,79 % du PIB sur le long terme.
Ce chiffre officiel vient confirmer un phénomène que les économistes observaient déjà : les banques ont une quantité limitée d'argent à prêter. Si elles placent une part croissante de leurs ressources dans des obligations d'État ou d'autres actifs publics jugés sûrs, il en reste moins pour financer les projets des entreprises privées. Ces dernières, en manque de crédit, peinent alors à investir et à se développer.
L'étude intervient à un moment où l'investissement public montre des signes de ralentissement. Le privé est censé prendre le relais pour soutenir l'économie marocaine. Mais si le crédit bancaire se resserre à cause du poids de la dette publique dans les bilans des banques, ce passage de relais devient plus compliqué.
Bank Al-Maghrib ne donne pas dans son étude de solution précise, mais ce chiffrage permet désormais aux décideurs d'évaluer plus concrètement les effets indirects de la politique d'endettement de l'État sur le tissu économique privé.




