Demandez à un exportateur espagnol quel pays africain l'intéresse, et il y a de fortes chances qu'il réponde le Maroc. Une enquête officielle publiée ce mois-ci le confirme : le royaume caracole en tête des destinations africaines déclarées par les entreprises espagnoles.

Selon Barlamane, qui rapporte les résultats de l'enquête de conjoncture de l'exportation (ECE) du ministère espagnol de l'économie, du commerce et de l'entreprise, 65,8 % des entreprises exportatrices espagnoles ont cité le Maroc comme destination africaine au deuxième trimestre 2026. Ce pourcentage ne représente pas la valeur des ventes, mais la proportion d'entreprises qui mentionnent ce pays — une même société peut en citer plusieurs.

Le Maroc devance largement ses concurrents : l'Afrique du Sud arrive deuxième avec 30,9 %, suivie de l'Égypte (27,4 %). L'écart est colossal : 34,9 points de pourcentage d'avance sur l'Afrique du Sud, 38,4 points sur l'Égypte, 44,8 points sur l'Algérie. D'autres pays comme la Tunisie (22,2 %), le Sénégal (7,3 %) ou le Nigeria (6,8 %) ferment la marche.

L'enquête donne aussi un aperçu de la santé des affaires avec l'Afrique. Sur les commandes récentes, 16,4 % des entreprises interrogées ont signalé une hausse, 57,6 % une stabilité et 23,8 % une baisse. Le solde corrigé est légèrement négatif (−7,6 points), mais moins mauvais que pour l'Asie (−18 points) ou l'Amérique latine (−8,8 points). Les prévisions à trois mois sont plus optimistes : le solde prévisionnel pour l'Afrique atteint +0,1 point, devant la zone euro (−0,2 point).

Par ailleurs, l'indicateur synthétique de l'activité exportatrice (ISAE) — un thermomètre global de la santé des exportations espagnoles — a légèrement reculé, passant de 2,6 points au premier trimestre à 2 points au deuxième. En revanche, 34,6 % des entreprises disent avoir augmenté leurs prix, signe que la pression inflationniste reste présente.