Le Maroc se classe parmi les pays les plus compétitifs au monde pour produire de l'ammoniac vert, un carburant prometteur pour décarboner le transport maritime.

Selon un rapport 2026 de la Banque mondiale, cité par Barlamane, le Maroc partage la sixième place ex aequo avec le Brésil sur un panel de 21 pays. Le classement mesure le coût marginal de long terme de la production d'ammoniac vert, c'est-à-dire le prix théorique auquel il pourrait être fabriqué si on devait construire une nouvelle usine aujourd'hui. Ce coût est estimé à près de 1 480 dollars par tonne équivalent pétrole pour le Maroc.

Concrètement, cela signifie que le Maroc devance nettement plusieurs pays européens qui seront de gros consommateurs de ce futur carburant pour leurs flottes de navires : les Émirats arabes unis, la France, l'Égypte, le Canada, Oman, l'Allemagne, l'Espagne, la Norvège et la Suède sont tous derrière. Par rapport à plusieurs pays européens, l'écart est de 300 à 450 dollars de moins par tonne équivalent pétrole. Cela rend le Maroc potentiellement très attractif pour produire et exporter de l'ammoniac vert.

Ce classement repose sur des paramètres techniques précis : le prix de l'électricité renouvelable (nécessaire pour fabriquer l'hydrogène, puis l'ammoniac), le coût des électrolyseurs (les machines qui produisent l'hydrogène), les équipements industriels et les conditions économiques locales. Les auteurs du rapport sont Cordula Rastogi, spécialiste principale des transports pour l'Asie de l'Est et le Pacifique à la Banque mondiale, et David Wignall, consultant maritime.

Il faut bien comprendre ce que ce classement signifie et ne signifie pas. Il ne s'agit pas d'un prix de vente constaté au Maroc aujourd'hui, ni du coût d'une usine déjà en activité. Ce n'est pas non plus une prévision de production nationale : le rapport ne mentionne aucune usine précise, aucun volume de production, ni de calendrier industriel ou d'investissement concret. C'est un indicateur de compétitivité industrielle, une donnée qui montre que le Maroc a les atouts naturels et économiques pour devenir un acteur clé de l'ammoniac vert. Le Portugal, la Chine et l'Arabie saoudite occupent les trois premières places du classement.