Les relations entre le Maroc et Taïwan viennent de se tendre brusquement, avec un impact direct sur les voyageurs et les échanges économiques. En cause : une décision marocaine surprise, suivie d'une riposte taïwanaise.
Selon Barlamane, Taïwan a annoncé jeudi 30 juillet qu'elle n'acceptait plus, avec effet immédiat, les demandes de visa des ressortissants marocains. La raison invoquée est le «principe de réciprocité» : une semaine plus tôt, le Maroc avait déjà interrompu, sans prévenir, l'examen des lettres de confirmation de visa destinées aux Taïwanais qui souhaitent se rendre au Maroc.
Cette décision marocaine a été prise le 23 juillet, selon le ministère taïwanais des Affaires étrangères, cité par l'agence centrale de presse taïwanaise (CNA). Depuis cette date, l'ambassade du Maroc au Japon — qui traite les dossiers taïwanais, faute de relations diplomatiques directes entre Rabat et Taipei — ne traite plus les demandes. Résultat : des voyagistes taïwanais, comme Lion Travel, ont immédiatement suspendu leurs services et proposé à leurs clients un remboursement intégral ou un report vers d'autres destinations.
Taïwan précise que la suspension ne s'applique pas aux cas approuvés à titre exceptionnel. Les personnes qui ont déjà reçu leur lettre de confirmation avant le 20 juillet peuvent encore entrer au Maroc tant que le document reste valide. Mais les nouvelles demandes sont bloquées, ce qui perturbe les échanges commerciaux, touristiques et les liens bilatéraux.
Pourquoi Rabat a pris cette décision ? À ce jour, le Maroc n'a donné aucune explication officielle. Des analystes taïwanais, cités par les chaînes TVBS et FTV, avancent l'hypothèse d'une pression de Pékin (la Chine considère Taïwan comme une province chinoise et s'oppose à toute relation officielle entre d'autres pays et l'île), mais aucune source officielle n'a confirmé cette théorie.
Le secteur du tourisme marocain, qui attire des visiteurs taïwanais, pourrait ressentir l'impact de ce blocage. Les Taïwanais, qui devaient compter 50 à 54 jours ouvrables pour obtenir leur visa via Tokyo, se retrouvent désormais sans possibilité de préparer un voyage au Maroc — jusqu'à nouvel ordre.




