Ces derniers jours, des centaines de personnes ont rejoint Ceuta à la nage, utilisant parfois palmes et bouées. Cette vague soudaine pousse Rabat et Madrid à revoir leurs procédures de coopération.
D'après Barlamane, un accord a été trouvé jeudi 30 juillet entre les deux pays pour accélérer le renvoi des migrants vers le Maroc. L'idée est de mieux coordonner les administrations et d'adapter les règles pour les personnes entrées sans autorisation à Ceuta, une enclave sous contrôle espagnol. Mais attention : aucun calendrier précis n'a été fixé, et les détails juridiques et pratiques restent à préciser.
Pourquoi cette urgence ? En une semaine, près de 2 000 personnes sont arrivées, ce qui a saturé le dispositif espagnol à Tarajal. La majorité sont de jeunes hommes, mais il y a aussi des femmes et des mineurs. Les autorités locales espagnoles ont demandé une déclaration d'urgence nationale pour obtenir plus de moyens humains et financiers. Le ministère espagnol de l'Intérieur a dit non, car selon lui, les flux migratoires ne sont pas couverts par le système de protection civile espagnol.
Un détail juridique clé complique la donne. Une récente décision de justice espagnole indique qu'une personne entrée à la nage sans forcer un élément matériel de la clôture frontalière ne peut pas être renvoyée immédiatement. Les autorités doivent ouvrir un dossier individuel avant toute mesure de retour, ce qui exclut certains nouveaux arrivants du mécanisme de remise rapide. Le ministère de l'Intérieur estime que des réseaux de trafic de personnes pourraient exploiter cette décision pour encourager davantage de traversées.
Du côté marocain, l'ambassade à Madrid pointe du doigt des organisations criminelles actives dans la traite des êtres humains. Elle qualifie la coopération avec l'Espagne d'« exemplaire » et rejette l'idée que ces entrées massives puissent être liées à autre chose qu'à ces réseaux.




