Des centaines d'adolescents marocains sans famille sont actuellement pris en charge en Espagne, et leur retour au Maroc ne dépendrait pas de leur identification, mais de démarches espagnoles qui n'aboutissent pas.

Jeudi 6 août, le Maroc a réaffirmé sa position : il est prêt à accueillir tous les mineurs marocains non accompagnés se trouvant en Espagne, à une condition. Selon une source diplomatique marocaine citée par l'agence de presse espagnole EFE, il faudrait que Madrid lève « les obstacles judiciaires et administratifs qui empêchent de le faire ».

Concrètement, ces mineurs sont des enfants ou adolescents marocains arrivés seuls en Espagne, sans parent ni tuteur. Ils sont généralement placés dans des centres d'accueil espagnols. La question de leur retour au Maroc fait l'objet de discussions depuis plusieurs années entre les deux pays.

D'après la source diplomatique marocaine, l'identification de ces jeunes ne constituerait pas un frein à leur retour, contrairement à ce qui est parfois avancé côté espagnol. Le vrai blocage viendrait du droit espagnol, qui accorde un traitement spécifique aux mineurs. Dans ce cadre, selon cette source, un enfant « ne peut pas rentrer ou ne peut pas bénéficier de cette opération de coopération ». Des organisations non gouvernementales (ONG) défendraient également une position favorable au maintien de ces jeunes dans les centres d'accueil espagnols, ajoute la même source, qui estime que cela fait passer le Maroc pour un pays manquant de volonté.

Ce dossier n'est pas nouveau. Un engagement avait déjà été consigné dans un communiqué conjoint des ministères de l'intérieur marocain et espagnol en juin 2021, rappelle la source diplomatique. Une partie des médias et des acteurs politiques espagnols traiteraient pourtant la question « comme si le Maroc avait manqué à un engagement », déplore-t-elle, évoquant une exploitation à des fins « politiques ».

Le Maroc assure être resté ouvert sur ce point « au plus haut niveau de l'État ». En 2024, le ministre marocain des affaires étrangères, Nasser Bourita, avait déjà réaffirmé la disponibilité de Rabat à reprendre ses mineurs non accompagnés présents dans les pays de l'Union européenne. Il pointait alors les « lacunes » des législations et procédures européennes comme un frein majeur, estimant que ces blocages pouvaient profiter aux réseaux de traite des êtres humains.

Selon Barlamane, qui a relayé ces déclarations, Rabat conditionne donc la fluidité du dispositif de retour à la levée des entraves espagnoles.