Les exportations d'armes légères vers le Maroc ont un visage bien identifié : celui de l'industrie italienne. Une analyse récente met en lumière la place prépondérante de l'Italie dans ce domaine sur près d'une décennie.
Que se passe-t-il ? Une étude de l'Observatoire permanent sur les armes légères (Opal), basée à Brescia, révèle que sur une période de neuf ans, l'Italie a été le premier pays de l'Union européenne à fournir des armes légères aux forces armées et aux services de sécurité marocains. Ces conclusions, rendues publiques mercredi 5 août, s'appuient sur les rapports officiels du gouvernement italien et de l'UE.
Concrètement, cela représente plus de 71 000 pistolets semi-automatiques, environ 1 700 fusils, plusieurs dizaines de carabines et 110 fusils automatiques. Ces chiffres, issus des autorisations d'exportation enregistrées, concernent exclusivement la catégorie ML1 de la Liste commune des équipements militaires de l'UE, c'est-à-dire des armes à feu de petit calibre destinées à un usage militaire ou gouvernemental, et non au marché civil.
D'après Barlamane, qui a relayé l'information, la quasi-totalité de ces armes provient du Val Trompia, un bassin industriel de la province de Brescia, où deux fabricants, la Fabrique d'armes Pietro Beretta et Fratelli Tanfoglio, se distinguent. Cette concentration industrielle explique le poids de cette région dans les échanges avec le Maroc.
Ces exportations ont toutes reçu l'aval de l'Unité pour les autorisations des matériels d'armement (UAMA), un organisme du ministère italien des affaires étrangères qui encadre les ventes militaires à l'étranger. L'étude, basée sur des données institutionnelles, ne précise pas les destinataires finaux exacts, mais indique qu'elles sont destinées à des organismes gouvernementaux, aux forces armées ou à la police.
Cette position de premier fournisseur européen pour cette catégorie d'armements au Maroc s'inscrit dans un contexte où la coopération sécuritaire entre les deux pays est régulière. Les chiffres, eux, parlent : ils montrent un flux soutenu d'équipements de petit calibre, essentiellement des pistolets, sur une période de neuf ans. Pour en savoir plus sur les détails de cette étude, consultez l'article de Barlamane.




