Le Nigeria, géant pétrolier africain, vient de franchir une étape diplomatique et énergétique majeure en rejoignant le Conseil mondial de l'énergie. Cette adhésion intervient à un moment clé : Rabat et Abuja préparent activement le gazoduc atlantique qui doit relier les deux pays.
Pour comprendre l'importance de cette nouvelle, il faut d'abord savoir ce qu'est le Conseil mondial de l'énergie (WEC). C'est une organisation internationale accréditée auprès des Nations unies, qui regroupe plus de 3 000 organisations membres dans plus de 100 pays. En clair, c'est l'une des instances les plus influentes au monde pour discuter des questions d'énergie.
Le Nigeria, de son côté, n'est pas un petit joueur. C'est le premier producteur d'hydrocarbures d'Afrique subsaharienne, avec des réserves de gaz naturel estimées à plus de 200 000 milliards de pieds cubes, les plus importantes du continent. Il produit environ 1,5 million de barils de pétrole par jour, un niveau proche de son quota au sein de l'OPEP, l'organisation des pays exportateurs de pétrole.
Selon Barlamane, qui a rapporté l'information, le comité national nigérian a été admis au WEC mercredi 5 août. L'organisation a justifié cette décision par le rôle du pays dans la sécurité énergétique et climatique de l'Afrique. Angela Wilkinson, secrétaire générale du WEC, a estimé que l'Afrique « écrit son avenir énergétique » en reliant ses ressources et sa coopération régionale.
Cette adhésion n'est pas anodine pour le Maroc. Le contexte est celui du projet de gazoduc atlantique, un immense pipeline qui doit transporter le gaz nigérian à travers l'Afrique de l'Ouest jusqu'au Maroc, puis potentiellement vers l'Europe. En rejoignant le WEC, le Nigeria renforce sa crédibilité et son poids dans les instances internationales de l'énergie, ce qui pourrait faciliter la concrétisation de ce projet ambitieux.
Le comité nigérian sera présidé par Abdulrazaq Isa, cofondateur de la compagnie pétrolière Waltersmith Petroman Oil, avec Bala Wunti comme directeur général. Ce dernier a promis d'attirer les capitaux privés pour définir l'avenir énergétique du pays, non par « l'idéologie », mais par sa capacité à attirer l'investissement.
Le prochain rendez-vous majeur sera le congrès mondial de l'énergie de Riyad, prévu en avril 2027, où le Nigeria devra porter son expertise sur la scène mondiale. D'ici là, tous les regards restent tournés vers ce gazoduc qui pourrait redessiner la carte énergétique de la région.




